Etape 8: Inde – Kerala

2 semaines au pays de cocotiers

Arrivée de nuit le 3 janvier à Trivandrum, capitale du Kerala, à l’extrême sud-ouest de l’Inde. Après une escale de 11h à New Delhi, partie la veille au soir de Tel Aviv, j’arrive dans une maison d’hôtes tranquille, près de l’aéroport vers 1h du matin. Il fait très chaud, 28 degrés, ce qui ne m’empêche pas de m’endormir rapidement. Il me faudra quelques jours d’adaptation au climat tropical, qui m’attend pour plusieurs mois en Asie.

Le Kerala signifie « pays des cocotiers » en langue locale, le malayalam. Cette région porte bien son nom, et invite le voyageur à explorer une nature verdoyante, entre terre et mer. Première journée, je me balade dans Trivandrum, pour m’imprégner de l’ambiance indienne, et m’acclimater. Pas de « choc de l’Inde », cette « claque » à l’arrivée dans le pays, je l’ai eue lors de mon premier voyage, il y a 9 ans, à Delhi. Le Kerala est plus développé et riche que le Nord de l’Inde, plus propre, moins de pauvreté et de misère, même si le niveau de vie reste modeste pour certaines castes. A Trivandrum, peu d’intérêt, hormis un temple hindou imposant, le Sree Padmanabhaswamy, dédié à Vishnou. Je ne peux que l’observer de l’extérieur, entrée interdit aux touristes. Je visite le musée adjacent, le Sri Swathi Thirunal Museum, sur l’histoire des maharajas du Kerala, en guise d’introduction à mon périple en Inde. Je retrouve les plaisirs de la cuisine indienne, et découvre les spécialités régionales: les multiples curries, les dosas (sorte de crêpes avec dips épicés, souvent servies au petit déjeuner), les papadams (crêpes de farine de lentilles épicée), toutes sortes de pains, naans et autres rotis, et les fruits tropicaux (un vrai régal toujours en Asie!). Je garde tout de même en mémoire que mon estomac reste fragilisé par mon dernier voyage en Inde, 4 mois à m’en remettre. Je reste vigilante, avec l’eau et la viande. Je mange principalement des repas végétariens, comme la plupart des locaux.

Je décide de commencer par 4 jours sur la côte de Malabar, au bord de l’Océan indien. A seulement 1h de train au nord de Trivandrum, je me pose à Varkala beach, North Cliff, dans une charmante chambre d’hôtes, « Pooja House ». Je sympathise rapidement avec les hôtes, Babu, un local, et Caty, son épouse québécoise, ainsi qu’avec Jennifer, une anglaise retraitée, et John, un étudiant allemand. Le village se résume à quelques bars, restaurants, et petites boutiques, sur la falaise, qui surplombe la grande plage de Varkala. Magnifique panorama, ambiance « chill », une bonne halte pour se détendre. Au programme: session de surf matinale vers 8h, petit déjeuner de fin de matinée, balades, baignades, lecture, rédaction, et options massages ou cours de yoga vers 16h. Après avoir vadrouillé pendant ces 2 premiers mois, cela fait du bien de se poser quelques jours. J’approfondie aussi la médecine ayurvédique, ces massages et soins associés à la pratique du yoga, de la méditation et d’un équilibre alimentaire, basé sur les bénéfices des multiples épices locales. Je sympathise avec un médecin en ayurvéda, Padmar, qui m’explique les fondamentaux.

Escapade d’une journée, avec les filles rencontrées à Pooja House, pour l’ashram d’Amma, à Amritapuri, à 3h au nord de Varkala (en fait à 60 kms…). Cette femme est un gourou très connu en Inde, et à travers le monde. Elle serait l’incarnation de l’amour et de la compassion, de la perspicacité et de l’inspiration, de la sagesse et de l’action, du rire et de la lumière… Une maternité universelle qui accepte et embrasse tout, une vie de pur don et de célébration. Les fidèles viennent pour ses « caresses », qui seraient sources de bonheur et d’amour. L’ashram est immense. Des milliers de personnes, indiens mêlés à de nombreux étrangers, sillonnent entre le grand temple, les espaces de méditation et les espaces communautaires. Ici, on s’arrête une journée comme des années, pour les plus fidèles, qui participent aux nombreux projets humanitaires développés par Amma. J’avoue ne pas m’être sentie à l’aise dans cet environnement, trop oppressant, quelque part « envoûtant ». Une expérience unique, néanmoins enrichissante. Et j’ai eu le droit aussi aux caresses et à un mantra d’Amma.

Je poursuis ma route avec Jennifer et John, pendant une semaine. Nous remontons en direction d’Allepey, 5h de bateau-bus local à travers les backwaters. Magnifiques paysages à travers ce réseau de lagunes et canaux, bordés de végétation tropicale. Voyager ici en bateau, c’est prendre le temps, observer la vie sur les backwaters, avec quiétude. Quelque part hors du temps. Nous sillonnons les canaux à travers de jolies maisons colorés. Les femmes font leur lessive dans les backwaters, les enfants se baignent, les hommes rentrent de la pêche, principalement source de revenus. De nombreux « hello » à notre passage, et de superbes sourires. C’est l’Inde paisible, loin de l’effervescence des villes. Nous passons 2 jours autour d’Allepey, entre balades en pirogue dans la journée, et promenade en bord de plage le soir. Nous participerons à la première journée de « beach cleaning ». Une initiative lancée par une jeune anglaise, ici depuis 3 mois. Nous sommes un groupe d’une quinzaine de touristes, aucun indien ne se joint à nous, malgré l’affluence au coucher du soleil. Nous partageons tous le même constat, en Inde, dans les villes comme dans la nature, sur la pollution et le traitement des déchets. Problématique de gestion économique, d’autres priorités bien sûr. A minima, lancer un mouvement et leur montrer la bonne marche, pourrait peut-être contribuer au développement de bonnes pratiques. Dans le domaine, le gouvernement local attribue 10 roupies pour chaque bouteille plastique ramassée, et amener au recyclage. Enfin le problème est-il à traiter dans ce sens…? Vaste sujet en Inde, comme dans beaucoup de pays en voie de développement.

Nous reprenons le bateau-bus vers Kumarakom, où nous passerons une journée. Jennifer a repéré une réserve d’oiseaux. Malheureusement, nous n’en observerons aucun. Curieuse réserve… Cependant, nous croiserons une grosse chauve-souris, des geckos, et surtout un énorme cobra au pied d’un arbre: impressionnant!

Direction les montagnes, environ 4h de bus (pour seulement 100 kms…), pour passer 2 jours à Thekkady, puis à nouveau 5h de bus, pour 2 jours à Munnar, entre 900m et 1500m d’altitude. L’air est plus agréable, plus frais, particulièrement le soir. Nous découvrons une autre facette du Kerala, à travers les plantations de thé, d’épices, de café, cacao, et arbres tropicaux luxuriants. Nous tentons un safari dans le parc national de Periyar, réserve réputée notamment pour ces tigres. Il en resterait une quarantaine au Kerala. Il faut être très chanceux pour en voir un. Nous n’aurons pas eu ce privilège, néanmoins la balade valait le coup pour la beauté des paysages et la découverte des différentes plantes.

Pour finir cette découverte du Kerala, je rejoins Fort Cochin, à environ 4h de bus de Munnar, sur la côte de Malabar. Une des principales villes de la région, qui se divise en 3 parties, le quartier moderne et dynamique d’Ernakulam, la presqu’île de Mattancherry et Fort Cochin, le quartier historique et attractif de la ville. Je me pose avec Jennifer pendant 3 jours dans une maison d’hôtes agréable. Nous sillonnons la vieille ville, et découvrons un véritable melting pot de religions, mêlant églises catholiques et orthodoxes, mosquées, temples hindous et la plus vieille synagogue du Commonwealth. A travers nos balades, nous avons eu la chance d’arriver à l’église « Santa Cruz » pour le début d’un mariage, puis à l’église « Our ladies of Life’s » au moment d’un baptême, et enfin, d’être conviées à visiter un temple hindou au moment d’un festival local. De magnifiques moments de vie.

La vieille ville a hérité d’une architecture de style colonial, avec la succession des portugais, des hollandais et des britanniques. Je repère le « Cochin Club », bâtisse d’héritage anglais, destiné aujourd’hui aux événements. Doté d’un bar- restaurant de style colonial, d’une salle de billard et d’une piscine, j’avais surtout repéré un terrain de squash. Le jour de notre passage, le lieu était privatisé pour l’arrivée d’un mariage, mais la sécurité nous a gentiment laissées rentrer et nous a même pris en photos sur le court de squash! Je n’ai malheureusement pas pu jouer ce jour là, mais je ne désespère pas de trouver un club à Bombay. Fort Cochin était une halte agréable dans la région, où règne une ambiance unique et détendue, loin de l’effervescence indienne. Il fait bon boire un verre en terrasse, faire du yoga, flâner dans les galeries d’arts, se balader sur la promenade en bord de mer, et aller voir un spectacle de Kathakali. C’est un théâtre dansé, originaire du Kerala, qui allie drame, danse, rituel et musique, et relatant d’épisodes des épopées hindoues (de la vie de Krishna, du Ramayana). Les maquillages sont extrêmement élaborés, et il est d’ailleurs possible d’assister à leur préparation en amont du spectacle, impressionnant.

Le Kerala, une région unique en Inde, d’une beauté flamboyante et aux charmes variés. C’est l’Inde en douceur. J’ai adoré !

Prochaine étape: Goa. Jennifer est partie au Sri Lanka. J’ai retrouvé Arthur et Florence, rencontrés à Tachkent en Ouzbékistan, avec qui je vais poursuivre ma route les prochains jours.

  • Fort Cochin: Basilique Santa Cruz, l’église Saint-François et la tombe de Vasco de Gama, l’église « Our Lady of Life’s », la synagogue Panadesi, la plus vieille du Commonwealth, le palais hollandais, les galeries d’art, la promenade en bord de mer, assister à un spectacle de Kathakali.
  • Munnar et Thekkady: randonnées en montagnes à travers les plantations de thé, visiter un jardin d’épices pour comprendre les bénéfices des plantes et leurs usages ayurvédiques, un safari dans la réserve de Periyar et tenter sa chance de voir un tigre.
  • Allepey et les backwaters: balades en pirogue (ou en houseboat pour ceux qui souhaiteraient passer une nuit sur l’eau) et transport public en bateau-bus pour observer la vie locale le long des canaux et lagunes. Baignade en bord de mer possible, même si on ne vient pas pour la plage.
  • Varkala: paisible station balnéaire, baignade, farniente, yoga, massages ayurvédiques, surf (dans les environs)
  • Hébergements: Pooja House à Varkala, dortoir de 4 (8€) ou chambre double, on s’y sent comme à la maison. Artpackers life hostel à Allepey Beach, dortoir de 8 (5€ ou 6€ avec ou sans AC, petit déjeuner inclus). Breath Inn homestay à Fort Cochin, chambre double à 12 €.
  • Backwaters: de Kollam à Allepey, d’Allepey à Kottayam (5h), privilégier le bateau-bus public, si vous avez le temps. Permet de profiter pleinement de l’observation de la vie sur les backwaters, à moindre coût.

Trivandrum

Varkala

Amritapuri

Les backwaters et Allepey

Kumarakom

Thekkady

Munnar

Cochin

9 commentaires sur « Etape 8: Inde – Kerala »

  1. Je ne te remercie pas Caro 😘 encore une escapade époustouflante 🤩…. c’est absolument magnifique , les indiens, les paysages, la nature waouhhhh je suis fan. Bon d’accord, je change encore la destination de mes prochaines vacances 🤣 Tu as une mine superbe, régale toi et régale nous ! Bises isa

    Aimé par 1 personne

  2. Coucou Caro. Encore un voyage qui donne envie ! Superbes récit et photos 🤩. C’est super que tu ais toujours des compagnons de voyage que croises et récépissé à des milliers de km. Quelle aventure !
    😘

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