Etape 10: Inde – Hampi + Mumbai

3 jours dans l’ancienne capitale hindoue à Hampi

Située dans la région du Karnakata, Hampi est un village paisible, perdu dans le centre sud de l’Inde. Je n’avais absolument pas prévu cette étape, mais de nombreux voyageurs m’ayant vanté la beauté du site, je prend donc un bus de nuit depuis Panaji, direction Hampi. Pour l’anecdote, le pire bus de nuit de ma vie! La compagnie Paulo Travel est à éviter, tant que possible. Plus de 45 minutes de retard au départ, pas grave, j’ai le temps, mais je le note car, malgré le bordel en Inde, les transports sont généralement à l’heure. Le bus est déjà quasiment plein, ma place est prise (une banquette-lit en mode dortoir). Le chauffeur me dit de m’installer où je peux, et me précise que nous allons changer de bus à Magdaon, à 1h30 de route. Au bout de 2h, panne de bus, ça faisait longtemps! On se retrouve à 22h30 dans un garage, à attendre pendant près d’une heure, un bus de dépannage, pour nous amener à Magdaon à 20 minutes. Vers minuit, nous finirons par prendre la route avec un 3ème et dernier bus, pour Hampi. Route chaotique, un chauffard au volant, un bus sale, sans amortisseur, pas vraiment dormi, mon dos était ravi! Enfin, cela valait le coup. Arrivée vers 9h du matin dans un décor mystique, des formations rocheuses énormes au milieu de la nature.

Hampi est l’ancienne capitale de l’empire hindou Vijayanagara, au XIVème siècle. A l’époque, la ville était la 2ème plus grande ville d’Asie, après Pékin, un haut-lieu du commerce en Inde, attirant Perses et Portugais. Elle a malheureusement été pillée par un sultanat musulman au milieu du XVIème siècle. Aujourd’hui subsistent de nombreuses ruines, autour du petit village d’Hampi. Je retrouve une Inde plus authentique, plus précaire aussi. Les habitants du village ne semblent vivre qu’à travers le tourisme local. Le site est classé Patrimoine mondial de l’Unesco, et s’étire sur plus de 4 000 hectares. Avec la chaleur accablante, je limite les visites jusqu’à 11h, et après 15h. Il fait plus de 35 degrés. Plusieurs options pour sillonner le site: vélo (agréable avec quelques degrés de moins, ou pour une balade au lever du soleil), scooter ou tuk-tuk. Je prends l’option tuk-tuk pour les monuments les plus éloignés, et la balade à pied pour les alentours du village. Plus d’un millier de vestiges: temples hindous, fortifications, systèmes hydrauliques médiévaux, ensemble royaux, sanctuaires. Et au milieu coule une rivière… d’un côté, le village d’Hampi Bazar, où je poserai mon sac pour 2 nuits, de l’autre côté, la campagne avec de nombreuses guesthouses hippies et petits temples actifs. Le décor est bucolique: une nature sauvage, des rizières, des palmiers et des formations rocheuses spectaculaires. Je me demande comment ces pierres arrondies tiennent les unes empilées sur les autres.

Je retrouve plusieurs compagnons de voyage. Juliette et Timothée arrivent le jour suivant. Nous partageons à nouveau de bons moments. Puis c’est le retour de Jennifer, mon amie anglaise, avec qui j’ai sillonné le Kerala, qui revient de 10 jours au Sri Lanka. Nous avons le temps de faire une dernière balade ensemble, avant mon départ en bus de nuit pour Mumbai. Tous sommes unanimes: le site est grandiose, et vaut vraiment le détour !

3 jours dans la jungle urbaine à Mumbai

Après 15h de bus depuis Hampi (avec une bonne compagnie, SRE Travels), je débarque à Mumbai vers 9h du matin, lundi 2 Février. Pas d’arrêt de bus, ni de gare routière, c’est l’Inde. Tu dis au chauffeur dans quel quartier tu veux aller, et il t’arrête sur la bord de la route. Que ce soit en bus privé longue distance ou en bus public, c’est la même, j’adore! Je monte dans un tuk tuk, direction Namastey Mumbai Backpackers, l’auberge de jeunesse que j’ai réservée, à quelques kilomètres dans Bandra West. Me voilà dans la « jungle » de Mumbai!

Ville la plus peuplée d’Inde, près de 22 millions d’habitants avec l’agglomération, c’est le poumon économique du pays. Une ville en plein développement, qui grouille dans tous les sens, pleine de contrastes, à l’image de l’Inde. Les grandes villes indiennes, comme Delhi, suscitent une énergie folle. Tu développes ta capacité de résilience. La densité de population est telle que tu es pris dans un mouvement perpétuel. Tu ne comprends pas tout ce qui se passe, tu suis, tu avances, tu observes… en Inde, tes 5 sens sont sollicités en permanence, et dans leurs extrêmes. Les émotions sont donc décuplées. Les odeurs dans la rue: des délicieux curries ou thalis en street food, aux nauséabondes montagnes de déchets sous 30 degrés. Les oreilles en prennent aussi pour leur compte: de la musique indienne à tous les coins de rue, aux klaxons permanents, pas une minute de répit sonore. Les papilles sont souvent ravies avec l’excellente cuisine épicée indienne, mais attention aux mauvaises surprises avec des plats trop pimentés ou des risques de viande avariée. La promiscuité fait aussi partie du quotidien: tous entassés dans le train ou dans le bus, ils ont l’habitude de pousser sur les banquettes et de venir se coller, avec un grand sourire, j’adore! Oui, une banquette de train doit être pour 4 indiennes, vu leur morphologie! Donc forcément, elles me poussent, limite elles s’assoient sur mes genoux. Enfin, le 5ème sens: la vision de ces millions d’indiens autour de toi, des plus aisés au volant d’une grosse berline, passant au milieu des plus défavorisés, nombreux dans les rues. Les extrêmes se côtoient au quotidien, sans un regard. Un système de castes incompréhensible, bien présent, qui intrigue. Des quartiers huppés, au mode de vie occidentalisé, avec bars et restaurants des quatre coins du monde, aux prix proches de chez nous. Aux bidonvilles de Mumbai, à l’image de Dharavi, le plus grand bidonville d’Asie, avec plus d’un million d’habitants sur 2 kms², la densité de population la plus forte au monde.

Dans cette « jungle », le monde est finalement petit. Je rencontre dans mon dortoir, une nantaise aux amies communes, Nadège. Énorme! Nous passerons une journée ensemble, à sillonner le quartier historique. Superbes héritages coloniaux britanniques dans la pointe sud de la ville, vers Churchgate: des cathédrales, églises, écoles, musées, bâtiments massifs et imposants au style « so british ». Même les bus sont impériaux! Je me balade le lendemain dans Mahalakshmi, et découvre Dhobi Ghât, la plus grande laverie à ciel ouvert du monde, créée en 1890. Impressionnante vue des ponts à proximité des voies ferrées: des milliers de vêtements et linges de maison des hôtels et hôpitaux de la ville suspendus à perte de vue, sur fond de gratte-ciels en arrière-plan. Ma balade m’amène ensuite vers Lower Parel, environ 2 kms au nord, où je découvre un centre commercial énorme et ultra moderne, le Phoenix Mall. Service de portiers pour les riches indiennes venant faire leur shopping dans les boutiques de luxe internationales. Un concentré de contrastes indiens dans la même journée !

Je termine ma visite de Mumbai par Dharavi, ce bidonville où a été tourné Slumdog Millionnaire. Je ne m’aventure pas seule. Je prends un guide local, Maresh, un jeune étudiant, né à Dharavi, qui a besoin d’argent pour se payer ses études. Adorable, il connaît le quartier comme sa poche, et parle un excellent anglais. Il me fait découvrir les ateliers de travailleurs (principalement du recyclage: plastique, ferraille, tissu…), venus des quatre coins du pays, en quête d’un emploi. Principalement du Nord de l’Inde, où le chômage est très élevé dans les campagnes, leur seule solution, sans qualification, est de venir tenter sa chance ici. Les conditions sont terribles, ils vivent entassés dans une pièce insalubre, travaillent 12h par jour, 7 jours sur 7. Ils sont nourris et logés sur place, par terre. Ils gagnent environ 120 € par mois, qu’ils envoient à leur famille, à qui ils ne peuvent rendre visite qu’une à deux fois par an, environ une semaine… Il me montre la vie locale, me fait passer dans des ruelles si petites, qu’on ne peut croiser quelqu’un, dans la pénombre en plein jour… les familles vivent dans 10m², aucune intimité. Il m’explique que les conditions sont particulièrement rudes pendant la mousson, j’imagine… La municipalité alimente bien le quartier en électricité, l’eau courante est présente, pour autant rationnée. Les enfants vivent dehors, ils ne rentrent que pour manger et dormir. Il me montre les écoles publics et privées, elle est obligatoire pendant 10 ans. Le niveau d’éducation progresse. Certains tentent leur chance à l’université avec un peu d’argent, à son image, qui me restera gravée.

Dernière soirée en Inde: j’ai rendez-vous avec Amruta, une jeune amie indienne de mon oncle et ma tante, qu’ils avaient accueillie pour un séjour linguistique en France. Elle a grandi à Mumbai, parle un français parfait, et travaille maintenant au Consulat. Nous avons beaucoup échangé, elle m’apprend beaucoup sur les différentes facettes de la vie locale. Une belle rencontre pour ponctuer mon séjour.

Mumbai, à l’image de l’Inde, ne laisse pas indifférent. Des leçons de vie quotidiennes, qui font réfléchir et grandir. Un voyage d’un mois en Inde s’achève. Comme la première fois, il va falloir quelques temps pour le digérer. N’est-ce pas aussi ce que vient chercher le voyageur ici ?

A voir, à faire

  • Hampi: temple d’Hanuman, un lieu de pèlerinage hindou, près de 600 marches à grimper en haut du mont Anjaneya, pour mériter un magnifique coucher de soleil et d’une vue panoramique sur la vallée. Le temple de Virupaksha, le temple de Vittala, la cité royale avec l’étable des éléphants, le Lotus Mahal, le bain de la Reine. Balade à travers les rizières, de l’autre côté de la rivière depuis le village.
  • Mumbai: quartier historique de Churchgate avec ses édifices coloniaux imposants, la porte de l’Inde. Quartier de Colaba et ses immeubles au style art déco. Dhobi Ghât, la plus grande laverie à ciel ouvert du monde, dans le quartier de Mahalakshmi. Quartier de Bandra, plus résidentiel, avec le charme des maisons de Veronika Street. Dharavi, le plus peuplé des bidonvilles au monde (Slumdog Millionnaire). Et pourquoi pas visiter des studios de Bollywood.
  • Transports: privilégier le train pour les longues distances, plus confortables que le bus de nuit. Peu d’écarts tarifaires. Réserver plusieurs jours à l’avance en haute saison touristique. Les indiens se déplacent principalement en train, ils sont vite complets. Si vous n’avez plus le choix, utiliser l’application « Red Bus » pour réserver votre trajet en bus.
  • Hébergement: Namastey Mumbai Backpackers, dans le quartier Bandra West. Calme, propre, moderne, petit dortoir de 6, cuisine, terrasse. 11 € la nuit avec petit déjeuner.

Hampi

Mumbai

7 commentaires sur « Etape 10: Inde – Hampi + Mumbai »

  1. Coucou j avais un petit retard de lecture du coup j ai fait l Inde en 1 fois 😉
    Encore merci pour tes récits si intéressants et tes photos pfff j adore
    On voit bien la différence entre chaque coins de l Inde et même au sein de la même ville
    La misère et les villes en développement contraste garantie
    Gros bisous Émilie

    Aimé par 1 personne

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