Etape 12: Indonésie – Nias

Sea, surf & volunteering

Après une étape à Singapour, le destin m’emmène sur l’île de Nias, dans l’océan Indien. Absolument pas prévu au programme… Comment je me suis retrouvée sur cette île d’Indonésie, hors des sentiers battus? Initialement, j’avais prévu Bornéo, avec objectif d’aller à la rencontre des orang-outans dans la jungle. En janvier, je me détermine à trouver un volontariat au mois de février, via l’application « workaway ». Mes recherches sur Bornéo ne sont pas fructueuses, je m’oriente vers Sumatra, l’autre zone de préservation de l’espèce animale. Je rentre rapidement en contact avec Aprianto, qui a monté un projet de cours d’anglais pour les enfants de son village, au sud de l’île de Nias, sur le célèbre spot de surf de Lagundri beach. Il recherche des volontaires pour enseigner 2h par jour, du lundi au vendredi. Il propose gîte et couverts pour 11 € par jour, au sein de sa famille, et location à prix réduit de planches de surf (3 € par jour). Banco !

Le 13 Février, je quitte l’aéroport de Singapour à 7h30, direction Medan à Sumatra. Plus grande ville de l’île, c’est une escale obligatoire. Après 4h d’attente, je redécolle avec Garuda Indonesia, pour Gunungsitoli, au nord de l’île de Nias. Seulement 4 touristes à bord, tous venus pour une mission associative, je débarque sur le tarmac d’un minuscule aéroport. A la sortie, pour la première fois de mon voyage, on m’attend. Un des frères d’Aprianto me récupère, pour effectuer les 3h de route qui me sépare de Lagundri beach, à la pointe sud de l’île. C’est mon 4ème voyage en Indonésie, le paysage me semble vite familier: forêts tropicales, sourires, « warungs » (échoppes locales). J’adore ! J’arrive enfin vers 16h30, quelques enfants m’accueillent « hello », le cours vient de finir. Je fais la rencontre d’Aprianto, sa femme Mama Thomas, de ses 4 enfants, Loni 12 ans, Indra et Icha 8 ans, et Jessika 6 ans, ainsi que de Santos, finlandais, volontaire également.

La maison est au bord de la plage, sous les cocotiers, un cadre idyllique! J’aurai une des chambres vue sur mer, avec terrasse, qu’Aprianto a fabriqué pour les volontaires. Ce n’est pas le 5 étoiles, simplement une cabane en bois, sans isolation, un petit lit avec moustiquaire, un ventilateur, une salle de bain basique, ça suffit pour ces 8 jours. D’autant que je suis privilégiée avec Santos, la famille dort à 6 dans la même pièce, avec seulement 2 lits. Oui, les habitants de Nias sont relativement défavorisés. Très peu d’activités sur l’île, seulement quelques touristes en juin-juillet, principalement des surfers…

Il me faudra une journée d’adaptation après Singapour. Je me retrouve rapidement en immersion dans la vie locale. Les journées sont calmes et paisibles. Après une assiette de fruits exotiques et un thé pour le petit déjeuner, je me balade sur la plage, lis, rédige ou gère mon organisation (oui, ça prend toujours un peu de temps la préparation de la suite du périple). Vers 13h, nous ajustons le programme du cours avec Santos et préparons la classe sous le haut-vent de la maison. Les cours ont lieu de 14h à 16h. Les enfants viennent après l’école, qui finit ici entre 11h et 12h, selon les niveaux. Nous avons 2 groupes: la première heure avec une bonne quinzaine de 6-11 ans, la deuxième heure avec un petit groupe de 3 ado de 12-16 ans. Santos est là depuis une semaine, il était en binôme avec une américaine qui est partie le jour de mon arrivée. Ici, les volontaires se relaient. Il mène les 2 premiers cours, puis je prendrai la main les jours suivants. Nous co-animons pour les exercices pratiques et les jeux éducatifs. Même si les enfants ne sont pas toujours faciles à canaliser, ils sont tous motivés pour apprendre l’anglais, c’est top! La plupart reviennent chaque jour. Ce projet permet aux enfants d’avoir une occupation l’après-midi, car il n’y a pas grand chose à faire ici… Ils ont l’habitude de s’adapter aux différents volontaires. L’apprentissage de l’anglais est une véritable opportunité pour leur avenir.

Nos cours s’articulent autour des basiques d’anglais: le temps, les jours de la semaine, les couleurs, les parties du corps, les animaux… Nous organisons des mini-sketchs de mises en pratique, même pour les plus jeunes. Je coordonne avec la prof de la classe de CE2-CM1 en France, partenaire pendant mon périple, un « échange » entre les élèves: des dessins, des chansons et des vidéos de présentation individuelles. Ils sont ébahis de voir les enfants français en vidéos. A mon tour, je suis surprise qu’ils jouent tous le jeu des présentations vidéos, pour envoyer en France. Ils décident même de leur chanter tous ensemble l’hymne national. Génial !

Après les cours, je vais généralement surfer une heure ou deux. J’opte la plupart du temps pour le beach break du bout de la plage, à Lagundri, spot plus adapté au longboard. Sorake, au bout de la baie, est un reef break puissant, des vagues magnifiques, avec des tubes parfaits, adapté pour les surfers de très bons niveaux. Je n’y surferai qu’une session, un jour de petit swell à 1,50m. En pleine saison, entre mai et septembre, les vagues sont massives, à plus de 5m, ce qui explique que ce spot soit de renommée mondiale !

Dans les terres, je découvre les villages traditionnels de Nias, avec leurs maisons typiques en bois sur pilotis, les « omo ada », ainsi que leurs anciennes sculptures et stèles en pierre. Je pars en scooter avec le frère d’Aprianto, Irman, un dimanche, visiter 3 villages. J’ai la chance de croiser de nombreuses familles superbement apprêtées, pour se rendre à la messe dominicale. Oui, je découvre que les habitants de Nias sont majoritairement chrétiens (catholiques et protestants), à la différence du reste de l’Indonésie, pays principalement musulman. Je me balade dans les villages, Irman me fait la visite d’une des « king house », ancienne maison traditionnelle du roi du village. Il m’invite boire le thé chez lui. Il habite la maison familiale, dans le village traditionnel d’Hiliamaetaniha. Comme sur la côte, les locaux voient peu de touristes étrangers, et adorent qu’on vienne leur rendre visite. Je ne compte plus le nombre de « hello miss! », et de demande de « selfies », comme ils disent. Ils sont friands de photos avec un étranger. Je dois être sur un certain nombre d’Instagram indonésien! 🙂

Ce périple sur Nias restera un souvenir impérissable. La découverte de cette île, hors des sentiers battus, est une belle surprise ! Cette immersion dans la vie locale, et cette expérience de volontariat avec les enfants, aura été une belle leçon d’humanité, d’authenticité et de simplicité.

  • Lagundri beach et Sorake bay: au sud de l’île, spots de surf de renommée mondiale, le premier, une plage paradisiaque, bordée de cocotiers, et un beach break pour longboarder, spot de repli du second, reef break aux vagues puissantes et massives.
  • Bawömataluo, Orahili et Hiliamaetaniha: village traditionnels du sud de l’île avec les maisons typiques et les mégalithiques.
  • Workaway.com: application pour trouver des missions de volontariat partout dans le monde.
  • Ndulu English Project: association locale, montée par Aprianto Wau, pour promouvoir l’apprentissage de l’anglais auprès des enfants du village. Page Facebook: Ndulu English
  • Transports: 2 options pour rallier le sud de l’île, un ferry local de Teluk Dalam vers Sibolga à Sumatra, 3 fois par semaine, ou l’avion en 50 minutes depuis Medan vers Gunungsitoli puis 3h de route. Pour circuler sur l’île, priorité au scooter, (pas de location de vélo) et au minivan local bondé avec de nombreuses personnes sur le toit!

Lagundri Beach & Sorake

Villages traditionnels du Sud de l’île

13 commentaires sur « Etape 12: Indonésie – Nias »

  1. Quel choc pour moi de te savoir sur l’ile de Nias. L’une de mes aventures les plus extraordinaires en 1988! Pas d’aéroport à l’époque on a fait une traversée de nuit en ferry par nuit d’orage. Arrivés sur l’ile on a mis 10h en minibus entre descentes et montées, sorties d’ornieres avant de rejoindre le sud! A l’arrivée des motards avec machette à l’épaule nous ont proposés le transfert sur la plage. Hébergés dans une cabane de pêcheurs qui nous faisaient griller du requin sur la plage… et qui ne savaient pas nager! Les toits étaient en palmes et les toilettes sous les cocotiers. Sumatra est immense, sauvage, montagneuse, des heures de route pour aller d’une ville à l’autre, une population musulmane ! Profite bien de tes échanges avec ces enfants, quelle belle experience ! Iras tu au lac toba chez les Bataks? Bises

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    1. Énorme cette aventure ! Les toits sont toujours en palmes, pour la plupart des habitations. J’ai eu le droit à la pluie dans mon lit, lors d’un bon orage une nuit… L’île est moins isolée, un aéroport a été construit il y a qq années, en complément du ferry, et il y a une route à peu près correcte, qui sillonne du nord au sud, construite après le gros tsunami de 2004. Nias reste néanmoins très roots…
      J’arrive juste chez les Batak, au lac Toba aujourd’hui ! J’ai passé 2 jours dans la jungle à Bukit Lawang à la rencontre des orang-outangs, puis 2 jours à Berastagi pour l’ascension du volcan Sibayak… Belle aventure sur Sumatra aussi ! Objet de mon prochain carnet de voyage. Bises

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      1. Jai hate de voir tes photos du lac Toba je ne pense pas que cela n a pas trop change. Balade a moto a lepoque sur une ile du lac, les maisons Batak extraordinaires d’architectures, la liberte, les paysages, quelques villages tranquilles avec les chevres et les enfants qui courent sur les chemins!

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      2. Exactement ma journée, en scooter, à travers l’île de Samosir, au cœur du lac Toba ! Les chèvres, les buffles, les coqs, et les enfants au milieu des villages batak aux maisons traditionnelles. À voir dans le prochain numéro…

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  2. Trop chouette expérience que le bénévolat humanitaire, un RÉGAL !
    Les découvertes humaines ont une autre saveur dans ce contexte.
    Toujours un plaisir de te lire… On t’embrasse bien fort !

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  3. Génial d’avoir pu trouver cette expérience. Tu vas en garder des souvenirs incroyables. C’est top d’alterner le type de voyage: un TDM permet vraiment de le faire. Dommage pour les orangs-outans ne t’aurons pas eu comme prof d’anglais 😉

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