Etape 13: Indonésie – Sumatra

Richesses naturelles et culturelles de Sumatra

Depuis l’île de Nias, je décide de continuer à explorer l’Indonésie, et prend un vol pour Sumatra. Cette île est immense, 7ème plus grande île au monde, située sur l’Equateur, au sud de la péninsule malaisienne, elle s’étend sur plus de 1 800 kms du nord au sud. J’opte pour la découverte du Nord de l’île. Halte d’une journée à Medan, principale ville, sans grand intérêt. Je fais un tour dans le centre-ville: une belle mosquée, quelques anciens bâtiments coloniaux, et toujours ces sourires à chaque coin de rue, ces « hello, where do you come from? » et ces pauses photographiques! Peu de touristes à l’horizon… J’ai besoin de retrouver un peu de confort, dans une auberge de jeunesse, et de bouffe occidentale. Marre du riz et des nouilles sautés aux légumes, au bout de quelques temps… je me fais mon premier Mac Do du séjour. C’est rare que j’y mange en France, mais j’avoue que ça m’a fait du bien, ce menu Big Mac.

Le lendemain, je prend la route pour le parc national de Gunung Leuser, à 4h environ de Medan. J’opte pour le « taxi collectif », ni plus ni moins qu’un monospace basique, plus rapide que le minibus local qui s’arrête partout. Le spectacle sur la route n’est pas des plus réjouissants: la triste réalité de la déforestation à perte de vue. Des kilomètres de champs de palmiers, des camions qui naviguent des forêts aux usines de production. Des terres dévastées, de la fumée, des feux volontaires qui ravagent cette ancienne jungle… Je suis au cœur de l’industrie mondiale de l’huile de palme, qui démolit l’écosystème local…

J’arrive en fin de journée à Bukit Lawang, petit village traversé par une agréable rivière. De multiples ponts suspendus, entre les différentes guesthouses, les petits bars et « warungs », c’est roots! Quelques touristes indonésiens, venus pour le week-end, et quelques étrangers attirés par un seul but commun: aller à la rencontre des derniers orang-outans dans leur milieu naturel. Un de mes rêves! Je prend l’option « jungle trek » 2 jours / 1 nuit, avec une agence de trekking locale. Départ 9h du matin le lendemain, j’ai de la chance, nous ne serons que 2, Léanne, une hollandaise, et moi, avec notre guide local, Yazid. Nous voilà partis dans la jungle, à la découverte de la richesse de la faune et la flore de Sumatra. Nous commençons par la traversée de plantations d’hévéas, et Yazid nous explique la collecte du caoutchouc naturel. Puis nous entrons directement dans le parc national, où vivent environ 5 000 orang-outans. Pour l’anecdote, « orang » signifie « homme » et « outan » signifie « forêt », en indonésien. Les « hommes de la forêt », espèce en voie de disparition, sont protégés dans ce parc national. Ils côtoient les nombreux singes, dont une espèce unique à Sumatra, les « Thomas Leaf » ou Semnopithèque de Thomas, blanc et gris avec leur longue queue. D’autres espèces animales arpentent ce parc national, comme les gibbons, et quelques rares tigres, rhinocéros et éléphants . Dès la première heure, nous découvrons nos premiers orang-outans. Notre guide les repère au bruit, et aux gros « nids » qu’ils fabriquent chaque jour dans les arbres. Pour ne pas être repérés par les tigres ou autres prédateurs, ils changent régulièrement de « nids ». Nous avons même la chance de voir des bébés, bien protégés dans les bras de leur mère. C’est incroyable de les voir de si près, suspendus aux branches de ces immenses arbres tropicaux. Nous en croiserons une dizaine dans la journée, ainsi que de nombreux singes « Thomas Leaf ». Génial ! Le trek n’est pas des plus reposants, 6h-7h de montées et descentes à travers la jungle tropicale, au milieu d’arbres énormes, on s’accroche parfois aux lianes pour ne pas tomber. Ce qui ne m’empêchera pas de glisser à 2 reprises, en descente, sur des racines humides… rien de méchant… nous arrivons en milieu d’après-midi, trempés avec cette chaleur humide, dans notre campement au bord de la rivière. La baignade est bien méritée! Un 2ème guide est déjà sur place. Il nous prépare un festin de curries pour le dîner, soirée mémorable en pleine nature ! Nous passerons la nuit sous « tente », enfin cahute en bois avec bâche. Le lendemain matin, balade le long de la rivière, rencontre avec les varans, baignade dans une cascade. Puis nous terminons notre périple en « rafting » local, ni plus ni moins que des 3 bouées pneumatiques attachées.

Après une bonne nuit de récupération, je reprend la route en minivan partagé, pour Berastagi, à 4h environ. J’arrive au pied des 2 volcans principaux de l’île de Sumatra: Sinabung et Sibayak. En Indonésie, les volcans sont encore très actifs, la dernière éruption de Sibayak date de moins d’un an. L’accès à ce dernier est encore fermé au public. Mais le volcan Sinabung est accessible, objet de cette étape à Berastagi. Le village n’a que peu d’intérêt, outre une balade au marché de fruits et légumes locaux, la terre étant très fertile autour des volcans. Je rencontre Armelle, une française qui a tout plaqué en France pour s’établir en Asie du Sud-Est, et Joris, un hollandais en vadrouille 3 mois. Nous parcourons les alentours en scooter: découverte du pays Batak Karo (oui oui, je ne l’ai pas inventé!) et du village Lingga aux maisons traditionnelles où vivent encore plusieurs familles, passage dans un village « fantôme » déserté après la dernière éruption de Sibayak, visite du centre d’observation sismique. Nous tenterons l’ascension du volcan Sinabung, 2h de marche environ, pour le coucher de soleil. Pas de bol, le temps vire pendant la montée, nous nous retrouvons dans le brouillard. Cela donnera un côté mystique à notre balade autour du cratère, en plus des bonnes odeurs d’œufs pourris des émanations de soufre. Cette randonnée était sympa, mais ne vaut pas l’ascension du Rinjani à Lombok, ou du Kawah Ijen et du Bromo à Java, beaucoup plus impressionnants. Nous redescendons sous une pluie tropicale, et terminons la journée par une baignade relaxante dans une des nombreuses sources d’eau chaude naturelle.

Dernière étape de mon périple sur Sumatra: le lac Toba, à 900m d’altitude, l’air est plus frais. C’est le plus grand lac volcanique au monde, il s’étire sur plus de 100 kms de long et 35 kms de large. Il s’est formé par l’explosion d’un volcan gigantesque il y a 75 000 ans ! Et au milieu, l’île de Samosir, « camp de base » pour explorer la région. Les transports amènent d’abord dans le village de Parapat, où partent les bateaux pour le village de Tuktuk, situé sur l’île. Nous sommes seulement une dizaine de touristes étrangers, à traverser. Je retrouve Léanne sur le bateau. Je fais de nouvelles rencontres dans ma maison d’hôtes. Nous partirons ensemble en scooter, le lendemain, pour découvrir la culture Batak Toba et la nature au bord du lac. La vie locale est paisible. Elle est aussi très modeste, à l’instar de toute l’île. L’ancien peuple Batak Toba était cannibale, des guerriers sauvages. Ils ont toujours leur dialecte local, et auraient conservés encore des rites animistes. Cela me rappelle le pays Toraja en Sulawesi. Nous visitons plusieurs villages, avec ces maisons traditionnelles en forme de bateau, sur pilotis, à l’architecture proche des Batak Nias ou Batak Karo. De nombreux enfants nous saluent toujours à notre passage. Nous croisons chèvres, chiens, poules et même des buffles. Nous tombons sur un mariage, où nous sommes invités à prendre des photos des mariés, et même à manger une gamelle de riz. Quelle hospitalité!

Le dernier jour, devant ma maison d’hôte, un groupe de jeunes étudiants locaux m’interpelle. Ils sont à la recherche de touristes étrangers pour parler anglais. Ils ont préparé « une interview », ils filment avec leur téléphone, ils sont trop contents! Comme tous, ils prendront des dizaines de photos, « selfies » comme ils disent. Ils me convient à 16h dans un hôtel à proximité, pour une activité avec d’autres groupes d’étudiants locaux. J’accepte volontiers. A mon arrivée, ils sont comme des dingues, et me saute dessus. Je me retrouve avec 2 autres étrangers, membre d’un jury d’une « battle » de chansons, genre « the voice ». Mdr ! Ils sont fans de musique de « lovers » et de chorégraphies, c’était unique.

Pour ce 4ème voyage en Indonésie, Sumatra et Nias ont été de belles découvertes: des îles plus authentiques que Java, Lombok et Bali bien sûr. Pour les amoureux de nature, d’aventures et de culture, c’est le bon choix !

A voir, à faire

  • Bukit Lawang & parc national Gunung Leuser: trek dans la jungle à la rencontre des orang-outans. Réserver sur place un guide, auprès de sa guesthouse ou dans une des agences locales de trek. Plusieurs formules au choix, selon timing et budget: de 3 heures à 3 journées/2 nuits. Option choisie: 2 jours/1 nuit pour 90 € tout compris, repas inclus.
  • Berastagi & volcan Sinabung: trek du volcan, visite du village Lingga et découverte de la culture Batak Karo, centre d’observation sismique près du volcan Sibayak, baignade dans les sources d’eau chaude naturelle.
  • Lac Toba & île de Samosir: balade en scooter ou à vélo sur l’île, découverte de la culture Batak Toba, des villages et maisons traditionnelles, balade en bateau ou en kayak sur le lac.
  • Hébergements: A Medan, MM Capsule Hostel, propre, confortable, espaces communs agréables, réservations possibles des transports (voiture partagée) et de treks, prix abordable 6€ le lit en dortoir, petit déjeuner inclus. A Bukit Lawang, Junia Guesthouse, petit bungalow dans un jardin très agréable, en bord en rivière, 8€ la nuit, bar-restaurant sur place.
  • Trek dans le parc national Gunung Leuser: réserver avec Bukit Lawang Guide.
  • Transports: l’option voiture partagée est pratique et facile à réserver depuis les guesthouses, d’un point d’intérêt à un autre, en moyenne 10 € le trajet. Possibilité depuis/vers l’aéroport de Medan.

Medan

Bukit Lawang & Parc national Gunung Leuser

Berastagi & volcan Sinabung

Lac Toba & île Samosir

4 commentaires sur « Etape 13: Indonésie – Sumatra »

  1. Super cet article, je m’y verrai bien arpenter la forêt à la recherche des orangs outans. Je ne pensais pas qu’il était facile d’en observer dans la nature autre que dans des centres dédiés. Le McDo m’a bien fait rire car je vois tout à fait de quoi tu parles 😉 Bonne suite de voyage.

    Aimé par 1 personne

      1. Toujours de belles découvertes et un texte digne d’un auteur de roman
        La chance de voir les orang – outans de si prêt et autres singes dommage que la déforestation soit si intensive
        Je vois que le pain et nos bons petits plats te manquent vive Mac do 😂
        Continue à nous faire voyager c’est vraiment top profites bien bises les l’est 😉

        Aimé par 1 personne

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