Etape 20: Islande

Road trip de 2 semaines en « Terre de glace »

26 juin 2020, arrivée à Reykjavik après 24h de voyage depuis Bangkok. Thaïlande-Islande, via Amsterdam et Stockholm, un trajet que je n’aurai jamais imaginé en planifiant mon périple ! Adaptation au contexte épidémique oblige, je rêvais d’un road trip « into the wild », donc à défaut de Nouvelle-Zélande, j’ai choisi cette île aux paysages spectaculaires. Et je n’ai pas été déçue!

Après un test Covid à l’aéroport, je reçois le résultat négatif dans la soirée. Je suis libre de récupérer un minivan dès le lendemain. C’est parti pour un road trip de 2 semaines, sur la route circulaire n°1, parcours classique pour une première immersion dans le pays. Me voilà au volant d’un Berlingo aménagé, très bien équipé: un matelas à l’arrière, matériel de base pour cuisiner et un chauffage, non négligeable pour les nuits fraîches. Forcément c’est le choc climatique: une moyenne de 13°C dans la journée, qui descend à 7°C la nuit… enfin, la nuit… le soleil ne se couche quasiment pas à cette période, près du cercle polaire, phénomène très curieux les premiers jours. Je ne sais pas vraiment quand me coucher, puis la fatigue des randonnées m’aide rapidement à trouver mon rythme. Et le masque de rigueur pour bien dormir.

Je décide de commencer vers le sud-est, dans le Cercle d’Or. Dès la sortie de la capitale, je me retrouve dans le parc national de Thingvellir. Première randonnée dans ce site historique, ancien siège du Parlement islandais entre le Xème et le XIIIème siècle, situé sur une vallée de rift: une faille gigantesque, de paysages rocheux, entre les 2 plaques tectoniques américaines et eurasiennes. Premier effet wahou! Qui se poursuivra tout le long de mon périple islandais. Premières cascades, dont Gullfoss, impressionnante succession de 2 immenses cascades, avec un arc-en-ciel magnifique! Poursuite par le geyser le plus actif du pays: Strokkur. Situé près de Geysir, qui a donné son nom au phénomène, ce geyser produit une éruption d’eau bouillante toute les 5 à 10 minutes, qui jaillit entre 20 et 40m ! Belle balade sur la colline adjacente, pour un panorama exceptionnel sur le site. Fin du Cercle d’Or, le lendemain matin, par le lac de cratère Kerid.

Après le Cercle d’Or, je poursuis ma route vers le sud-est. Stop à Seljalandsfoss, magnifique cascade de 65m de hauteur, où l’on peut passer derrière les chutes d’eau: Énorme point de vue! Je passe la nuit au pied du fameux volcan, au nom imprononçable (comme tous les noms islandais!), l’Eyjafjallajökull, qui avait bloqué le trafic aérien en 2010, lors de sa dernière éruption. Vue mystique, dans une brume totale… Personne aux alentours. Avec le Covid et l’ouverture récente des frontières (le 15 juin), il y a très peu de touristes. Je croise principalement des islandais, profitant des merveilles de leur pays, sans l’afflux habituel des touristes estivaux. Comme tous les matins, petite randonnée digestive autour du volcan, qui m’amène à ma première piscine d’eau chaude naturelle, au bord d’une rivière. Quelques kilomètres plus loin, nouvelle cascade, Skogafoss, avec une belle balade le long de la rivière, magnifique site, où une légende raconte qu’un trésor aurait été déposé derrière la cascade par un viking… Les islandais sont les « rois » de la saga et des légendes. Certains croient même aux elfes, qu’ils verraient dans la nature et protègent de toute invasion humaine… J’approche ensuite mon premier point de vue sur un glacier, le Solheimajökull, et les premiers icebergs. Une impression d’un autre monde, où je me sens toute petite face à ces grands espaces.

A la pointe sud-est de l’île, je découvre les premières plages de sable noir, à Kirkjufjara beach, dans la réserve naturelle de Dyrholaey. Belle balade le long de l’Atlantique nord, avec point de vue sur d’impressionnantes arches rocheuses, abritant nombreuses espèces d’oiseaux (les tâches blanches sur les photos). Approvisionnement dans la petite ville de Vik, à quelques kilomètres, avant de remonter la côte est. Je roule plus d’une heure au milieu d’anciens champs de lave, recouverts d’épaisses mousse verte. Stop pour une nuit dans ce paysage lunaire. J’avoue ne pas avoir été au camping une seule fois pour passer la nuit, juste des arrêts pour me doucher, faire ma lessive ou ma vaisselle. L’accès simple aux sanitaires est possible, moyennant 3 euros environ. Souvenir d’une visio avec les enfants de l’association « L’enfant@l’hôpital » au milieu de ce paysage lunaire. Puis balade au canyon de Fjathrargljufur, et à la cascade de Systrafoss. Pour l’anecdote, même sur les sites naturels, ils ont mis en place des panneaux de prévention de distanciation sociale « respecter 2m entre chaque personne »… ça m’a bien fait sourire.

Je remonte ensuite la côte Est, pour arriver au pied du plus grand glacier d’Europe: le Vatnajökull. Partie intégrante du parc national du même nom, je commence par une petite randonnée d’après-midi. Magnifique vue sur les volcans enneigés. Je pars le lendemain à la découverte du glacier, cette fois en groupe avec guide bien sûr. Journée superbe, grand ciel bleu, très peu de vent, nous randonnons quelques heures sur cette immense calotte glaciaire, entre les crevasses. Nous avons la chance de pouvoir découvrir une crevasse de plus près, en rappel. Des panoramas à couper le souffle! Notre guide nous explique la formation de ce glacier, et les phénomènes actuels. Bien sûr, il évoque les conséquences du réchauffement climatique. Il nous montre l’exemple de cette langue glaciaire, qu’il a découvert il y a 18 ans, et qui s’avançait de plus de 2 kilomètres… triste réalité.

Après cette mémorable expédition, je reprends la route sur la côte Est, pour arriver à Diamond beach et le grand lagon d’icebergs Jokulsarlon. Encore un effet wahou!! Je me sens vraiment toute petite face à ces immensités naturelles. Les couleurs, une lumière unique, le silence, la quiétude règne… lorsque j’entends quelques phoques en pleine baignade. Ils sont tranquilles, relax, au milieu des icebergs. C’est juste incroyable ! A quelques centaines de mètres, le lagon rencontre l’océan. Des milliers de fragments de glaces, tels des cristaux, bordent la longue plage de sable noir, d’où le nom de Diamond beach.

Le road trip se poursuit dans les fjords du Nord-Est. Des kilomètres de côte escarpée, sur fond de volcans, et de verdure où cohabitent paisiblement les traditionnels moutons, chevaux islandais et cygnes. Je m’arrête boire un verre dans un village typique, Eskifjörður. La taverne est une ancienne maison de pêcheurs du début du siècle, où l’étage a été laissé en l’état, destiné à la découverte du mode de vie traditionnel. Belle découverte culturelle !

La route n°1 sillonne ensuite dans les terres vers Egilsstadir, où je me balade sur un haut plateau, le long de la cascade de Fardagafoss. L’après-midi, je m’offre le luxe des bains de Vok, grandes piscines flottantes d’eau chaude naturelle, en bord de lac. Cadre idyllique, baignade détente avec vue panoramique sur les volcans, avec un petit verre de blanc. Ils savent profiter ces islandais: un bar directement dans la piscine, le pied ! Je tente la traditionnelle alternance de baignades dans l’eau froide du lac, et la piscine à 40°C, suivies d’une bonne séance de sauna. Quel bonheur! J’ai bien dormi la nuit suivante.

Je traverse ensuite un vaste « no man’s land » d’environ 200 kms dans le nord, entre canyons, immenses fermes et cascades. D’un coup, le paysage devient lunaire. A perte de vue, la route sillonne à travers des pics volcaniques: wahou! Prochaine étape: l’impressionnante cascade de Dettifoss, au plus gros débit d’Europe. Belle balade le long de la rivière, bien emmitouflée dans ma doudoune. Les chutes d’eau sont si fortes, que je me retrouve vite trempée, comme sous une fine pluie. A proximité, une seconde cascade, Selfoss, tout aussi spectaculaire.

Je reprends la route pour une cinquantaine de kilomètres, avant de découvrir le site géothermique Hverir: des sources chaudes, des boues bouillonnantes, des fumerolles. Paysages incroyables, avec une odeur très forte de souffre (pour ne pas dire d’œufs pourris!), comme sur tous volcans en activité. A 10 kms, je fais étape au bord du lac Myvatn. Balade sympa dans la réserve naturelle, avant de continuer vers les fjords du Nord.

Etape près d’une nouvelle cascade: Godafoss. Passage à Akureyri, la deuxième ville du pays avec moins de 20 000 habitants, au pied du fjord d’Eyjafjörður. Je découvre le village de Hauganes. Je fais la rencontre d’une pêcheuse, qui me montre ces poissons à sécher, dont une tête de requin, récemment pêché! Ils les consommeront dans plusieurs mois, après fermentation. A côté du petit port, une plage où sont installés des jacuzzis à ciel ouvert. Ici, pas de personnel, ni de barrières à l’entrée. Simple boîte où l’on dépose l’équivalent de 5 €: principe d »honesty box », révélateur de la mentalité locale. Température extérieure 9°C, baignade rapide dans la mer du Groenland à 6°C, avant de me relaxer dans ces « hot pots » à 40°C, au cœur de ce magnifique fjord. Moment magique!

Je parcours ensuite la péninsule de Vatnes, réputée pour l’observation de phoques et pour ces belles randonnées en bord de mer. Premier arrêt à Hvitserkur, panorama sur les longues plages et sur une arche rocheuse abritant nombres d’espèces d’oiseaux: sternes arctiques, mouettes tridactyles, huîtriers pies. J’ai vite compris pourquoi les locaux se baladaient un bâton à la main. Certaines sternes arctiques n’apprécient pas vraiment notre visite, et s’amusent à voler au ras de la tête. Pas très agréable, j’en ai avoiné plus d’une! 😉 Deuxième arrêt à Illusgastadir, à la rencontre des phoques, qui reposent paisiblement sur des îlots au large de la côte. J’adore!

La route circulaire m’amène vers l’Ouest. Je n’irai pas cette fois dans les fjords du Nord-Ouest, faute de temps suffisant. Un bon prétexte pour une prochaine escapade… Etape à Budardalur, une ancienne maison de viking, où serait né le fils d’Erik le Rouge. Une guide en costume traditionnel explique, au coin du feu, le mode de vie et les traditions de l’époque des vikings. Je plonge en pleine saga islandaise. Nouvelle découverte d’une piscine au milieu de nulle part, lors d’une randonnée dans la vallée. Je ne me baignerai pas ce coup-ci, il se met à pleuvoir sous 8°C, je vais éviter de tomber malade. Je traverse ensuite une piste sur une cinquantaine de kilomètres. Un renard polaire traverse à toute allure la route. Quelle chance! Il est très difficile à observer, car il se fond dans la nature, avec son pelage marron en été, blanc en hiver. Je fais étape pour la nuit en surplomb de la mer, orientée plein ouest, pour observer le fameux « soleil de minuit ». A cette période, près du cercle polaire, la nuit ne tombe pas. Le soleil flotte sur l’horizon entre minuit et 2 heures du matin, c’est extraordinaire !

Avant-dernière étape de 2 jours dans la péninsule de Snaefellnes, à l’extrême ouest. Un plein d’essence dans la ville portuaire de Stykkisholmur, pour finir la route sereinement. Je longe la côte, entre d’immenses montagnes, dont le spectaculaire mont Kirkjufell. Je fais 2 randonnées sympa dans le parc national. Un bon bol d’air! Le vent souffle à l’Ouest. Etape près du village d’Arnastapa, au pied de l’immense volcan Snaefellsjökull, qui a inspiré Jules Verne dans son livre « Voyage au centre de la Terre ». Quand on voit ces paysages lunaires, on se croit réellement au cœur de la planète Terre. En poursuivant la route vers la capitale, la péninsule est un champ de lave, recouverte de cette fameuse mousse verte. Je m’arrête à Budir, un ancien village avec sa charmante église traditionnelle. Avant de revenir à proximité de la capitale, dernière baignade dans une source d’eau chaude naturelle, à Landbrotalaug. Je croise seulement un couple, qui repart du site, et me retrouve seule à profiter des lieux, en plein milieu du champ de lave. Wahou!

Il me reste une bonne centaine de kilomètres, pour boucler la boucle. Je passe ma dernière nuit en minivan, au pied du volcan Elja, dans la péninsule face à Reykjavik. Randonnée le lendemain matin, où je me retrouve au milieu des trailers en plein entraînement, dans la brume, sous un bon crachin (qui me rappelle ma chère Bretagne!). Je n’avais pas vraiment fait gaffe, mais cette randonnée est plutôt costaude, avec un bon dénivelé de +/- 760m sur 7 kms. Je fais la descente en courant, suivant les trailers, en veillant à ne pas me casser la gueule. C’est hyper glissant, je termine trempée jusqu’aux os. Mon téléphone accuse le coup, et passe la nuit dans une bonne dose de riz, avant de « ressusciter ». Je finis ma journée dans une des piscines de la capitale, à me relaxer dans les jacuzzis extérieurs.

Après 2 semaines de road trip, et plus de 2 400 kms parcourus, je rends le minivan le 11 juillet à Reykjavik. Je prends le temps de recharger les batteries et gérer la logistique, pendant 3 jours, dans l’auberge de jeunesse de la capitale. Je fais une petite balade sur la petite île de Videy, en face de la ville. Le temps n’est pas de la partie ces derniers jours, l’occasion d’aller au musée Perlan, sur les merveilles de la nature. Je visite la partie Planétarium, avec une projection enrichissante sur le phénomène des aurores boréales. Y a plus qu’à revenir en hiver, pour pouvoir les observer ! Dernier jour, je me promène dans la capitale, à l’atmosphère villageoise, avec seulement 130 000 habitants. Je passe l’après-midi chez Maria, qui était confinée également à Koh Phi Phi: très sympa ces retrouvailles en Islande, à se remémorer nos bons souvenirs au paradis !

Un périple de 20 jours exceptionnel ! Trip 100% nature à l’état pur, aux paysages uniques et variés.

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