Etape 25: Croatie

2 semaines de Rijeka à Dubrovnik

La frontière croate se rallie aisément depuis Venise: 4h de bus et me voilà à Rijeka le 14 août, après un rapide passage en Slovénie. Capitale européenne de la culture 2020, Rijeka est une ville portuaire et balnéaire de la côte Adriatique, située à l’Est de l’Istrie. Je perçois immédiatement l’influence slave, dans l’architecture et la culture, mêlée aux traces gréco-romaines et autrichiennes. Je suis bien au carrefour de l’Europe centrale et de la Méditerranée. Une ambiance unique se dégage. Peu de touristes en cette période de pandémie. A l’auberge de jeunesse, quelques croates de passage, une slovaque et un italien. Une journée suffit à découvrir la ville: ses ports de commerce et de plaisance, son marché quotidien et ses halles… ambiance particulière avec les plexis réglementaires pour protéger du virus… le théâtre national au cœur de la ville. Puis je me retrouve à la grande messe extérieure du 15 aôut devant l’église du quartier de Trsat, avant de visiter le château, qui offre une vue panoramique imprenable sur la ville et la côte Adriatique. A 2 kms au sud de la ville, un incontournable de Rijeka: la plage de Sablićevo, petite crique de galets, comme la plupart des plages en Croatie, aux eaux cristallines. En ce dimanche 15 août, la plage est bondée, mais la baignade reste très agréable après une bonne marche dans la ville sous 32°C. Je rencontre ici un albanais, Ermand, avec qui j’échange le temps d’une soirée, sur les différences culturelles entre ces deux pays voisins.

2ème étape croate: je longe la côte Adriatique vers le sud pour faire étape à Zadar, à 2h de bus, sur la côte au nord de la Damaltie. Petite cité fortifiée, située sur une péninsule, la ville est agréable avec ses nombres terrasses de cafés, ses églises médiévales et ses ruines romaines. L’attraction principale se trouve le long de la promenade en bord de mer: l’orgue marin. Une curieuse création sonore! Les clapots de la mer génèrent de la musique, en arrivant sur l’orgue situé entre des marches en marbre.

Zadar est surtout un bon camp de base pour explorer la région. Plusieurs excursions à la journée sont accessibles. Je suis ainsi partie découvrir le parc national des îles Kornati. Cet archipel est composée de 150 îles, dont 89 font partie du parc national. Elles sont protégées, ce sont les îles les plus sauvages de la Croatie. Les paysages sont tellement secs et arides, qu’ils paraissent parfois lunaires. L’accès se fait principalement en excursion organisée, à moins de posséder son propre bateau. Les balades et baignades sont possibles sur quelques îles, dont Kornat et Dugi Otok, où j’ai pu piquer une tête :).

Autre excursion sympa dans la région: découvrir les environs à vélo (location possible dans la vieille ville). Longer la côte sur 20 kms vers le nord, en remontant vers Diklo, Primorje, Zaton pour arriver à Nin. La visite de cette ancienne cité, résidence des rois, est paisible, même s’il ne reste que des ruines de l’époque médiévale. Il fait bon flâner dans ses ruelles piétonnes et pique-niquer en bord de lagune.

Mon coup de cœur dans la région: le Parc national des lacs de Plitvice. Un joyau de nature à 2h de bus depuis Zadar. L’aller-retour dans la journée est aisément réalisable, avec une réservation en ligne de son entrée au parc, à minima la veille. En chemin, les paysages sont un vrai régal: dès qu’on quitte la côte Adriatique, on se retrouve entouré de montagnes. Le bus dépose aux 2 entrées du parc, en pleine forêt. A chacun de faire son choix de l’arrêt, en fonction du parcours souhaité. Les 2 accès permettent de découvrir le parc sur la journée. Le site propose des itinéraires plus ou moins longs, selon sa motivation: entre 6 kms et 20 kms, facilités par des passages en bateau et petit train, pour ceux qui le souhaitent. Les familles avec enfants en bas âge, comme les sportifs, y trouvent leur compte. J’ai pris l’option d’itinéraire de 15kms environ. Partie de l’entrée 2, j’ai pu faire le tour du parc, avec quelques petites escapades dans les chemins de randonnée, à travers la forêt. Des petites grimpettes offrent des panoramas époustouflants sur les lacs! Les eaux sont d’une pureté incroyable, et la forêt y est sauvage, grâce à la protection du site. Une palette de verts magnifiques. Tout au long de la balade, je m’émerveille devant ces nombreuses cascades. Un incontournable de la Croatie, pour les amateurs de nature.

Je poursuis mon périple le long de la côte Adriatique, pour faire étape quelques jours à Šibenik. Située au cœur de la Dalmatie, la ville est naturellement protégée par une immense baie. Bien moins touristique que Split ou Dubrovnik, elle a pourtant de réels atouts pour plaire. L’ambiance est animée avec ses nombreuses places et terrasses, qui mêlent toutes générations de croates. La vieille ville fortifiée a un véritable charme, au travers de ses richesses architecturales et historiques. Nul ne manquera la Cathédrale Saint-Jean, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, construite entre le Moyen-Age et la Renaissance. En face s’érige le Palais des Ducs, symbole de la défense de Šibenik au Moyen-Age). Se balader dans les ruelles étroites, bordés d’escaliers, est très agréable. Plusieurs forteresses entourent la ville, et offrent de superbes panoramas sur la côte Dalmate, comme la forteresse Saint-Nicolas. J’ai eu personnellement un coup de cœur pour cette petite cité médiévale. D’autant que le cadre de l’Hostel Scala était au top: petit dortoir de 4 (limité à 2 pendant la pandémie) avec SDB privée pour 20€ la nuit (chambres également disponibles), piscine extérieure, terrasse, bar à vins et cuisine locale.

A moins de 30 minutes en bus, le Parc National de Krka révèle, à nouveau, tout le charme naturel du pays. Bordant la rivière du même nom, ce parc national invite à une bonne balade, entre faunes et flores magnifiques. Aux abords du lac et de la plus grande cascade, Skradin, j’avoue que c’était un peu « Disneyland » avec les stands de snacking et les multitudes de locaux venus pique-niquer et se baigner au pied de cette superbe cascade. Je n’y suis que passée, pour profiter plus loin de la quiétude des lieux et de la beauté naturelle de ces paysages.

Autres excursions à la journée depuis la charmante Šibenik: les îles de Zlavin & Prvic. Loin des principales îles touristiques croates, telles Korcula, Hvar ou Cres, je suis allée à la découverte de petites îles, parsemées d’oliviers, de lauriers et de figuiers (quel régal en cette saison!). En Croatie, l’avantage, c’est qu’il y a plus de 1 000 îles, donc il y en forcément pour tous les goûts. Un bateau-navette dessert ces 2 îles à la journée, pour moins de 5€ A/R. A peine débarquée, je prend le pli croate, du petit café en terrasse avec les locaux. Je passe rapidement le petit village aux vieilles maisons en pierre, avant de partir explorer la beauté de ses îles. La vie est paisible, les grillons règnent en maître. Pause baignade et lecture. Quelques anciens m’abordent régulièrement, me racontant « je ne sais quoi » en croate pendant 5 minutes, avant de capter que je ne suis pas locale, et que je ne comprends pas grand chose 😉

Arrivée dans la plus célèbre ville de Split. L’afflux touristique est déjà plus important (aéroport international oblige), l’allemand se mêle au croate, dans les rues de Split. Je comprends vite sa notoriété: ville fortifiée, enceinte des vestiges d’un palais grandiose, de l’époque de l’empereur Dioclétien (III S av. JC). Ici, toutes les visites sont payantes, avec divers combos de tickets. Incontournables à mon sens: l’imposante cathédrale et son campanile. Sillonner dans les ruelles et profiter de la douceur de la cité. Sortir du cœur touristique pour aller se balader dans le parc de Marjan, sur les hauteurs: de superbes panoramas sur la ville et la côte Adriatique.

Le bonheur de la Croatie, c’est d’alterner les parcs nationaux dans les terres et les îles de la mer Adriatique. Depuis Split, j’opte pour l’île de Solta. Idéal pour s’évader de la chaleur étouffante de la ville, Solta regorge de criques protégées du vent, aux eaux turquoises (toujours et encore!). Pour la note historique, sous les Dioclétiens, cette île était utilisée pour ces sources thermales et la pisciculture.

En Damaltie du Sud, s’il y a un parc national incontournable, c’est bien le parc National de Mljet. Au départ de Split ou de Dubrovnik en bateau, ce parc national est une île longtemps considérée comme un petit paradis méridional. Débarquée à Polace, petit village tranquille, « porte d’entrée » au parc national. Après 3 kms de marche, un premier lac d’eau salé se dévoile, au milieu de monts karstiques. Au milieu de cette eau limpide, une minuscule île où se dresse un monastère. Visite via un bateau à énergie solaire, qui ramène ensuite sur l’autre rive. Pause baignade et pique-nique, avant de partir pour une petite randonnée dans ce parc sauvage. La grimpette en haut du Montokuc vaut le détour: un époustouflant panorama à 360° sur les lacs, la côte et la partie nord de l’île.

Dubrovnik marque la fin de ce périple croate. Située à l’extrême sud du pays, à la frontière avec le Montenegro, je découvre une ville-musée, entre mer et montagnes. La vieille ville piétonne est entourée de remparts, en bord d’Adriatique. Elle recèle de joyaux architecturaux: églises, couvents, palais, au travers de ruelles dallées de pierre blanche. Si la plupart des touristes se concentre sur la cité fortifiée, la ville extérieure est également une belle découverte. Longer la côte escarpée, bordée d’une végétation méditerranéenne, où se nichent de superbes villas de style vénitien. Après une bonne balade sous la chaleur ardente du mois d’août, rien de vaut une baignade dans l’une des criques de la ville. Lieux de rencontres incontournables pour les locaux, qui se retrouvent ici en famille ou entre amis, autour d’un verre ou d’une partie de cartes en bord de mer. On prend vite le pli dans la douceur de vivre croate.

Décidée à limiter mon empreinte carbone, je rallie l’Italie le 30 août via le ferry de nuit Dubrovnik-Bari. J’embarque à bord avec une petite dizaine de backpackers, une jeune française, et 4 britanniques, et un groupe de 3 amis brésilien, canadien et américain. Et oui, à ma grande surprise, ils ont réussi à rentrer en Europe malgré la soi-disant fermeture des frontières avec la covid… y a des trous dans le gruyère, ils sont simplement passés par Londres, qui n’a pas appliqué les règles de l’UE, of course! Nous ne sommes que 12 passagers sur le bateau, pour 40 membres d’équipage, hallucinant. Rares sont les touristes en cette été 2020. Habituellement, la liaison embarque avec plus de 1000 passagers à chaque traversée. Le barman est bien content de voir des clients. On passe les 2 premières heures du voyage à faire connaissance autour de quelques verres. La nuit sera courte et sommaire, emmitouflée dans mon sac de couchage allongée par terre dans la salle quasi vide des sièges passagers (on était 4).

Réveillée par l’annonce de l’entrée au port de Bari, passage obligé aux douanes à quai, nous rentrons dans l’espace Schengen. Les règles du jeu viennent d’évoluer en Italie, à la veille de la rentrée scolaire: obligation de quarantaine ou transit de 36h dans le pays. Pas de test facilement réalisable… J’avais prévu encore 2 semaines de périple à travers l’Italie, à découvrir les alentours de Bari et les villages des Pouilles, avant de découvrir Naples / Pompéi, et faire escales quelques jours à Rome et à Turin voir des amis. Même si je savais qu’il n’y aurait pas eu de contrôle, je préfère quitter le pays dans le timing imparti. Plus vraiment d’autre choix que de rentrer en France désormais… J’enchaîne alors pendant 36h, bus et trains de Bari à la frontière du sud-est de la France, pour arriver à Lyon mardi 1er septembre, et profiter quelques jours des premières retrouvailles avec mes proches.

Ainsi j’achève ce « tour du monde ». J’ai été extrêmement chanceuse de pouvoir continuer à voyager après le confinement. Mon objectif de 10 mois de périple est atteint, même si le parcours a du être revu plus d’une fois: quelle expérience enrichissante et si exceptionnelle, dans ce contexte historique! 🙂

Etape 24: Italie – Vénétie

Escapades au lac de Garde et à Venise

Lac de Garde

Poursuite du périple européen, en train « transalpin », du Tyrol vers la Vénétie, région du nord-est italien. Le « tortillard » sillonne à travers les vallées, offrant des panoramas magnifiques sur les montagnes. Changement à Vérone, pour Peschiera del Garda, au sud-est du lac de Garde. La sympathique auberge de jeunesse « Meet Hostel« , la seule du lac, sera mon camp de base pour découvrir le coin, du 8 au 11 août. En 4h de train, changement d’ambiance, me voilà dans le flot d’une station balnéaire familiale. Malgré la pandémie, je suis étonnée du nombre de touristes, principalement italiens, mais aussi allemands. Dans ma chambre, je fais la rencontre de 2 allemandes, Clara et Lisa. Je sympathise avec cette dernière, qui m’épate de voyager seule en fauteuil roulant, avec sa propre voiture, chapeau!

Pour découvrir les environs, le vélo est une bonne option (10€ la journée à l’hostel). Il ne faut cependant pas craindre la chaleur, plus de 30°C toute la journée. Quel itinéraire choisir? Le lac est immense: plus de 50kms de long, pour 17 kms dans sa plus grande largeur. Le tour complet fait environ 150kms! L’auberge me recommande un circuit de 35 kms, pour découvrir la partie sud. C’est parti! Je remonte la rive sud-est du lac, bordée de campings bondés et de parc d’attractions en tous genres. Je passe rapidement ma route, longe les champs d’oliviers et de vignes. Je zappe l’option visites de vignobles, sans quoi la balade ne va pas durer longtemps! Je goûterai le vin local pour l’apéro dans la soirée, plutôt pas mal. Pause au village de Lazise, visite de la petite cité médiévale, pique-nique dans le jardin du château. J’embarque avec le vélo sur un « vaporetto », un bateau-bus, qui rallie les différents villages du lac. 3/4h d’heure de traversée, profitant de la vue sur ce lac impressionnant: et oui, on ne voit pas toujours les rives opposées! Je débarque à Simione, charmant village, situé sur une péninsule au sud du lac. Forcément le site est touristique, surtout en cette période estivale. La plupart est concentré à l’extrémité de la péninsule, sur Jamaïca beach. L’eau est transparente, la vue superbe, mais la densité de population, un verre à la main, mêlée au son de la techno (j’ai pas compris pourquoi ce nom de plage?) me fait rapidement fuir. Je me balade plus tranquillement dans la jolie cité médiévale et ses jardins, avant de reprendre la route pour Peschiera. Baignade dans le lac en fin d’après-midi, à contre-courant des familles italiennes qui y passent leur journée, avant de dîner dans la vieille ville. A noter que les plages ne sont pas idylliques, et se cantonnent à des criques de galets. Beaucoup se posent sur les remblais, envahis de transats et serviettes. En pleine pandémie, j’hallucine… Perso, la meilleure option est de trouver un coin d’herbe excentré.

Pour explorer la partie nord-est du lac, plus éloignée, option bus. Je pars pour une balade sur le Mont Baldo, qui culmine à 2 200m. Pour cela, il faut prendre un premier bus, jusqu’à Garda, puis changement pour Malcesine, et monter en télécabine jusqu’à 1700m, avant de randonner sur les sommets. Je ne verrai que le Mont Baldo depuis les contrebas: plus de 3h30 pour arriver au pied de la télécabine, au lieu de 1h30 initialement prévu (une circulation de fou), et une queue de plus d’1h pour réserver son ticket pour le prochain départ à 15h, donc le plan tombe à l’eau! Finalement, un mal pour un bien, vu la concentration de touristes. Je pensais prendre les petites télécabines classiques, c’est en réalité un téléphérique énorme, où je me serai retrouvée agglutinée avec plus de 50 personnes pendant 45 minutes de montée: pas du tout « covid friendly »! 😉 Plan B: petite grimpette sur les hauteurs, à travers les champs d’oliviers, pour fuir la foule et me trouver un coin d’herbe tranquille, avec panorama sur le lac, pour pique-niquer et faire une sieste. J’ai finalement gagné au change! Je termine par une balade dans Malcesine, autre charmante cité médiévale, aux airs montagnards, avec ses terrasses ombragées sur les placettes du village, et ses charmantes ruelles. On se retrouve ici dans l’ambiance du Tyrol, trace de l’histoire, puisque la partie nord du lac était encore autrichienne jusqu’en 1919. Retour en bus, qui, heureusement, prendra beaucoup moins de temps qu’à l’aller.

Dernière demi-journée à profiter d’une balade en paddle. Forcément, c’est un super terrain de jeu pour les sports nautiques: du bateau de plaisance, au jet ski, en passant par le wake-board, la planche à voile et le SUP. Y en a pour tous les goûts!

Je n’ai pas exploré la partie nord (Riva) et l’ouest, à flanc de montagnes, plus facilement accessibles en voiture. Conclusion, le lac de Garde, c’est très sympa, mais je recommande hors période estivale.

Venise, la Sérénissime

Poursuite du périple, direction Venise, à moins de 2h de train. Dès la sortie de la gare, je me retrouve dans l’ambiance, au bord du grand canal, artère principale de la ville, face à l’imposante église San Simeon Piccolo. Je monte dans un « vaparetto », pour rejoindre l’auberge de jeunesse Combo Venezia au nord-est, dans le quartier de Cannaregio. L’endroit est magnifique: un ancien monastère du XIIème siècle rénové avec goût. L’atmosphère est paisible, avec sofa sous arcades, tables dans la cour extérieure, petite terrasse en bord de canal. Un bar à disposition, parfait pour se détendre. Ici, pas de dortoir, mais des chambres de 2, dans des appartements partagés, avec 3 chambres, grande cuisine, salon et table à manger. Pour 20€ la nuit, c’est le bon plan, tant pour les backpackers que pour les familles ou bandes d’amis.

Comment organiser sa visite de Venise? Bien sûr, y a les incontournables de la place Saint-Marc, mais le plus grand plaisir de la Sérénissime, c’est de se perdre dans ce labyrinthe géant! Arpenter les ruelles, longer les canaux, se retrouver dans un cul-de-sac, demi-tour pour trouver un pont, prendre le temps d’un café en terrasse à observer la vie locale. Comme pour toutes villes, vous me direz, mais Venise s’y prête particulièrement. Le mode de vie est atypique: les allers-et-venus des gondoles locales pour acheminer toutes sortes de livraisons, les pêcheurs de retour de mer, les anciens à taper la discute avec la traditionnelle discrétion italienne, les gondoliers à attendre le chaland… Peu de touristes en cette période de pandémie, environ 20% du taux de remplissage habituel: difficile pour l’économie locale, mais personnellement, quel bonheur!

Je commence par me perdre dans le Cannaregio, ancien guetto, aujourd’hui tranquille avec ses bars, restos et petits commerces, à l’écart des quartiers touristiques. Plus à l’est, me voilà dans le quartier Castello, où se trouve l’arsenal vénitien, l’hôpital civil et de très beaux monuments comme la basilique Saint Jean et Paul et la Scuola Grande San Marco. Je découvre un librairie unique en son genre, la liberia Acqua Alta, qui expose ses livres dans toutes sortes d’embarcations traditionnelles! A voir en passant dans le quartier. A quelques pas, je me retrouve sur la fameuse place Saint-Marc: impressionnant combiné d’architecture entre le campanile, la basilique, le musée Correr et l’imposant palais des Doges. S’il y a bien une visite à ne pas manquer, c’est ce majestueux palais de style gothique et Renaissance. Je plonge au cœur de l’histoire de la ville, à travers l’ancienne résidence des doges de la République de Venise. La visite se termine par l’immanquable pont des Soupirs. Petit tuyau pour éviter 2h de file d’attente en plein soleil, réserver en ligne un billet coupe-file (pour 2€ de plus, soit 28€), je n’ai attendu que 15 minutes. Poursuite de la balade dans le quartier San Marco, qui concentre de nombreuses églises, musées et boutiques de de luxe: le quartier le plus touristique.

En traversant le grand canal vers le sud, je passe sur le pont de l’Académie, et profite d’un superbe panorama. Arrivée dans le quartier Dorsoduro, plus artistique et bohème. On y trouve, entre autres, le musée Gugenheim. Mon petit coup de coeur ici: le squero de San Trovaso. C’est le plus ancien et célèbre des chantiers de construction des gondoles vénitiennes. On ne peut le visiter, mais on peut l’observer de la rive opposée du canal du même nom.

Pour finir dans le cœur de ville, le plus ancien quartier: San Polo. Sa principale attraction est le marché central, qui date de 1097, et toujours en activité. Pour rentrer vers le Cannaregio, je passe par le pont du Rialto, célèbre pour son architecture particulière, en arcades. Pont historique, le plus ancien de la ville, le seul au XIXème siècle pour passer le grand canal: c’était le centre économique de la Sérénissime pendant des années.

Les îles de la lagune sont également des escapades agréables à la journée. Faciles d’accès avec les nombreux allers-retours des vaporettis, il y a le choix: Burano et ses maisons colorées, Lido et sa plage, Torcello et Murano, sont les principales. Mon choix s’est porté pour une virée sur l’île de Murano, à moins de 20 minutes au nord de Venise. Un grand canal traverse l’île, et invite à la promenade, le long des maisons traditionnelles en pierre. L’ambiance est paisible. La principale attraction de l’île: le verre, mondialement connu. Dès la sortie du vaporetto, on me propose une visite d’ateliers de soufflage de verre. De nombreuses boutiques proposent des créations de toutes sortes, produites sur place. Pour les plus passionnés, il y a même un musée du verre.

J’avoue avoir eu un coup de cœur pour Venise. Difficile de faire le classement du podium des villes italiennes, avec Florence et Rome que j’adore aussi. Je garderai un merveilleux souvenir de cette escapade, privilégiée, sans la cohue habituelle. C’était vraiment le moment parfait pour s’y rendre, pour apprécier la dolce vita!

Etape 23: Autriche – Tyrol

Randonnées autour d’Innsbruck

L’appel de la nature, toujours et encore… je poursuis mon périple en train depuis Nüremberg jusqu’à Innsbruck. Les paysages alpins se dessinent rapidement après Munich, je retrouve les plaisirs des voyages ferroviaires. J’arrive dans la capitale du Tyrol, sous une bonne pluie d’orage, le 3 août. Innsbruck est située au cœur des Alpes, à 600m d’altitude, entourée de sommets qui culminent à plus de 2000m. Superbe camp de base pour randonner quelques jours, et retrouver un peu de fraîcheur en ces temps de canicule estivale. Je pose mon backpack dans un petit bed & breakfast familial, « Nepomuk B&B », au sein de la vieille ville. Il est tenu par une famille depuis plusieurs générations. Les chambres sont au-dessus d’un café-pâtisserie typique autrichien, le plus vieux de la ville, où les locaux se retrouvent pour papoter autour d’un petit plaisir. Un authentique lieu de vie autrichien.

Le premier jour est pluvieux. Je pars donc à la découverte de la ville. C’est une petite ville à la double facette, historique et étudiante. Le centre médiéval, avec ses maisons colorées et ornées de fenêtres à encorbellement, notamment la maison au toit d’or… ses ruelles, ses cafés et ses nombreuses églises lui donne un véritable charme. La visite du musée d’art populaire du Tyrol, le Tiroler Volkskunstmuseum, vaut le détour. Situé dans un ancien couvent, à côté du palais impérial, il abrite une imposante collection d’objets d’art et d’histoire. Outre le chapitre des Habsbourg, l’histoire du Tyrol a été fortement marquée par l’empereur Maximilien Ier. Adjacente au musée, l’Eglise impériale, Hofkirsche, abrite son impressionnant tombeau, entouré de ses gardiens, d’immenses statues de bronze. En traversant la rivière Inn, la balade est agréable, même entre les gouttes. Je découvre le fameux tremplin de saut à ski, site olympique mythique qui surplombe la ville.

Je rencontre des jeunes hollandais au B&B, avec qui je partage de bons moments autour de spécialités locales. Souvenir d’un petit déjeuner au café d’en bas, en compagnie d’un tyrolien adorable, à l’âge bien avancé, ami de la famille hollandaise. Il nous raconte sa vie pendant 1h… La randonnée m’appelle dès le deuxième jour, le temps va se dégager progressivement. Malgré un plan de randonnée sur plusieurs jours, le climat étant incertain, seule, je décide de partir finalement à la journée. En route pour le Patscherkofel, massifs alpins qui surplombe Innsbruck à plus de 2300m d’altitude. Une bonne journée de marche, avec près de 1700m de dénivelé, sur 16 kms, avec des paysages époustouflants! Je me retrouve dans les nuages, avant que le ciel s’éclaircisse et laisse place à un panorama splendide sur la vallée d’Innsbruck.

De retour au B&B le soir, je croise un couple de français, Estelle et Mathieu, en congé sabbatique également. Leur projet de tour du monde est malheureusement compromis pour le moment, initialement pour un départ en avril… Après un confinement dans leur maison dans le Sud, à développer leurs connaissances en permaculture, ils se sont donc décidés pour une aventure de cyclotourisme en Europe, de juin à septembre. Il espèrent bien que les pays asiatiques daignent rouvrir leurs frontières. Je croise les doigts pour eux. Une fois de plus, je me dis que j’ai été chanceuse.

Nouvelle journée de randonnée, plus modérée. Je pars en tramway au pied du Stubai, à 1h environ. Les transports en commun sont extrêmement bien développés ici, c’est le top pour explorer la région. Ce coin offre aussi de magnifiques panoramas sur la vallée et les montagnes environnantes. Halte déjeuner au refuge, avec les « wurts » locales, avant de redescendre tranquillement.

Les activités sportives ne manquent pas dans la région. Après ces randonnées pédestres, je me fais une journée VTT. Les nombreux sentiers de tous niveaux sont un vrai bonheur, de l’ascension extrême à la balade de famille. Je pars avec mon pique-nique dans le sac à dos, en bord de rivière. Je traverse forêts et basse montagne. J’en profite ensuite pour découvrir quelques charmants villages tyroliens: Hall in Tyrol et Warrens, où siège l’empire Swaroski et ses célèbres bijoux. Une bonne sortie de 45kms autour d’Innsbruck.

Cette station alpine, réputée pour ses sports d’hiver, offre donc d’excellentes possibilités d’excursions estivales, tant pour les familles que pour les sportifs avérés, dans un cadre magnifique !

Etape 22: Allemagne – Bavière

Escapade en pays bavarois

25 juillet, arrivée à l’aéroport de Munich, en provenance de Stockholm. Après plus de 8 mois de voyage, c’est l’heure de nouvelles retrouvailles avec mes proches. Je rejoins Charlotte, une de mes meilleures amies, et son fils Simon, mon filleul, pour 9 jours de vacances dans la région. Je suis accueillie chaleureusement chez sa sœur et son beau-frère, dans le village de Feucht, au sud de Nuremberg. Telle une petite vie de famille, nous profitons de bons moments tous ensemble. Nous commençons par fêter çà autour d’un bon barbecue, avec les fameuses saucisses et bières de la région.

Le temps est de la partie, il fait plus de 30°C. Nous allons chercher un peu de fraîcheur au bord des lacs de Bavière. Ce n’est pas le choix qui manque dans la région! Nous partons pique-niquer au lac de Roth (Rothsee). Nous tentons une baignade, qui sera de courte durée… le lac est rempli de plantes aquatiques, qui nous picotent le ventre à chaque brasse. Enfin, le rafraîchissement nous fait du bien! Pour assurer le coup le lendemain, nous descendons plus près des montagnes, au sud-ouest de Munich, au lac d’Ammer (Ammersee). C’est un grand lac de 47m², réputé pour les sports nautiques et les balades en bateau. Nous nous posons sur la plage du village d’Herrsching. La baignade y est beaucoup plus agréable, la température de l’eau autour de 22°C. Je profite de l’occasion pour louer un paddle. Petite balade sur le lac, et initiation pour mon filleul, qui prend très rapidement le coup de main ! 🙂

Nous nous baladons dans le coin les autres jours: découverte du village d’Altdorf, balade au mont Moritzberg, et bien sûr de la ville de Nuremberg. Pas de visite de Munich sur cette étape, ville que je connaissais déjà bien. Nuremberg, 2ème ville de Bavière, avec plus de 500 000 habitants, est un des principaux centres industriels de la région. Mais c’est surtout une ville historique, avec sa cité médiévale et le fameux procès de Nuremberg. Des remparts encerclent le cœur de la vieille ville, qui abrite de nombreuses églises et maisons traditionnelles. Son imposant château du XIème siècle surplombe la cité. Je n’y fais qu’un passage dans les jardins. Malheureusement, les conditions de visite avec le coronavirus limite l’accès lors de mon passage. Je profite donc du panorama depuis un des nombreux biergartens. Je terminerai ma visite, par le mémorial du procès de Nuremberg. La visite de la « salle 600 », où se déroula le premier procès mondial contre les criminels de guerre, énorme avancée du droit international, est glaçante. Mais le mémorial est très intéressant, pour qui veut approfondir ses connaissances sur ce chapitre historique de la fin de la seconde guerre mondiale.

Une étape qui s’achève sur de nouvelles retrouvailles: Yvan, un ami de longue date vivant près de Munich, nous retrouve pour le week-end à Feucht. De bons moments avec les proches, avant de poursuivre mon périple vers l’Autriche!

Etape 21: Suède

10 jours dans le sud de la Suède

  • Stockholm

Première étape suédoise le 15 juillet, découverte de la capitale sur 2 jours. La ville, construite au fil de l’eau, est composée de 14 îles. Je me pose dans le quartier Norrmalm, proche de la gare centrale, et bien situé pour visiter la ville à pied ou à vélo. J’arpente les ruelles de l’île Galam Stan, « la vieille ville ». Le quartier est agréable, petite cité médiévale, aux petites places bordées de terrasses et à l’architecture typique de maisons colorées à pignons. Je passe par l’imposant château royal, où la relève de la garde est encore la tradition. Je longe ensuite les quais des nombreux bateaux-bus, qui rallient les différentes îles. Balade sur l’île de Skeppshomen, petit port de plaisance, parc et petit château en haut d’une colline: panorama sympa sur une partie de la ville. Le lendemain, je fais une excursion en bateau pour découvrir l’archipel de Stockholm, pendant une demie-journée. Sympa pour avoir un aperçu des nombreuses îles et du style de vie.

Partout, des pistes cyclables, moyen de transport habituel des pays nordiques, et des parcs aux quatre coins de la ville, les suédois semblent vivre à un rythme décontracté, en harmonie avec la nature. Ce n’est pas pour rien que Stockholm est appelée la « capitale verte », la plus écologique d’Europe. Les rues sont propres, les jardins sont taillés au cordeau, la vie est calme et semble réglée comme du papier à musique. Un peu trop lisse à mon goût…

  • Malmö

Après 2 jours dans la capitale, direction la pointe sud du pays, à Malmö. Pendant les 8 heures de Flixbus, je traverse plaines et forêts verdoyantes. J’arrive dans la 3ème ville du pays, environ 300 000 habitants, dans la région de Scanie. L’auberge de jeunesse est quasiment vide, avec la pandémie. J’ai donc un dortoir seule, et ne croise que 4 ou 5 suédois de passage dans la cuisine. Malmö est rattaché à Copenhague, par un immense pont. Je n’irai pas ce coup là, le Danemark n’étant pas encore enclin au retour des touristes français. Je découvre la vieille ville de Malmö, qui me rappelle les villes hollandaises. Il fait très beau et chaud, les terrasses et les parcs sont pris d’assaut. Le temps est propice à la baignade, du côté de la ville moderne. A proximité de la « Turning Torso », une grande tour de 190m, un nouveau quartier a vu le jour il y a une dizaine d’années. Une grande promenade borde le détroit de l’Öresund. De nombreux pontons ont été construits, pour le plaisir de la baignade. Plus agréable pour nager que la plage à proximité, où il n’y a pas vraiment de fond. Les pelouses adjacentes sont propices au bain de soleil et au pique-nique.

  • Archipel de Göteborg

En remontant la côte ouest, j’arrive à Göteborg. La ville est très industrielle, avec son port de commerce. Peu de centres d’intérêts dans la ville, mais c’est un bon camp de base pour explorer ses archipels. Avec Lotta, une allemande, et Sammy, un français, rencontrés à l’auberge de jeunesse, nous passons deux jours à randonner sur les îles de l’archipel sud, principalement sur Vrangö et Brannö. Je retrouve comme un air de ma Bretagne ! Il fait beau et frais, le vent souffle, quelques kitesurfs à l’horizon. Ces îles sont typiques de la Suède, avec ses villages de pêcheurs, aux maisons rouges et blanches, et aux formations rocheuses de granit. La vie est paisible ici. Pas de voiture, les habitants se déplacent en bateau, à vélo ou avec des mobylettes typiques avec une sorte de chariot. C’est sympa! Facilement accessible depuis le centre de Göteborg: un coup de tramway vers le port et 20 à 30 minutes de bateau-bus, le tout pour le prix du simple ticket de tram, valable 1h30. C’est le coin que j’ai préféré sur ce périple suédois!

Ces 10 jours m’ont donné un aperçu de la Suède, autour des 3 principales villes du pays et de ses archipels. Le Nord mérite certainement le détour, pour sa nature plus sauvage et ses nombreuses possibilités de randonnées. Peut-être pour une prochaine escapade!

Etape 20: Islande

Road trip de 2 semaines en « Terre de glace »

26 juin 2020, arrivée à Reykjavik après 24h de voyage depuis Bangkok. Thaïlande-Islande, via Amsterdam et Stockholm, un trajet que je n’aurai jamais imaginé en planifiant mon périple ! Adaptation au contexte épidémique oblige, je rêvais d’un road trip « into the wild », donc à défaut de Nouvelle-Zélande, j’ai choisi cette île aux paysages spectaculaires. Et je n’ai pas été déçue!

Après un test Covid à l’aéroport, je reçois le résultat négatif dans la soirée. Je suis libre de récupérer un minivan dès le lendemain. C’est parti pour un road trip de 2 semaines, sur la route circulaire n°1, parcours classique pour une première immersion dans le pays. Me voilà au volant d’un Berlingo aménagé, très bien équipé: un matelas à l’arrière, matériel de base pour cuisiner et un chauffage, non négligeable pour les nuits fraîches. Forcément c’est le choc climatique: une moyenne de 13°C dans la journée, qui descend à 7°C la nuit… enfin, la nuit… le soleil ne se couche quasiment pas à cette période, près du cercle polaire, phénomène très curieux les premiers jours. Je ne sais pas vraiment quand me coucher, puis la fatigue des randonnées m’aide rapidement à trouver mon rythme. Et le masque de rigueur pour bien dormir.

Je décide de commencer vers le sud-est, dans le Cercle d’Or. Dès la sortie de la capitale, je me retrouve dans le parc national de Thingvellir. Première randonnée dans ce site historique, ancien siège du Parlement islandais entre le Xème et le XIIIème siècle, situé sur une vallée de rift: une faille gigantesque, de paysages rocheux, entre les 2 plaques tectoniques américaines et eurasiennes. Premier effet wahou! Qui se poursuivra tout le long de mon périple islandais. Premières cascades, dont Gullfoss, impressionnante succession de 2 immenses cascades, avec un arc-en-ciel magnifique! Poursuite par le geyser le plus actif du pays: Strokkur. Situé près de Geysir, qui a donné son nom au phénomène, ce geyser produit une éruption d’eau bouillante toute les 5 à 10 minutes, qui jaillit entre 20 et 40m ! Belle balade sur la colline adjacente, pour un panorama exceptionnel sur le site. Fin du Cercle d’Or, le lendemain matin, par le lac de cratère Kerid.

Après le Cercle d’Or, je poursuis ma route vers le sud-est. Stop à Seljalandsfoss, magnifique cascade de 65m de hauteur, où l’on peut passer derrière les chutes d’eau: Énorme point de vue! Je passe la nuit au pied du fameux volcan, au nom imprononçable (comme tous les noms islandais!), l’Eyjafjallajökull, qui avait bloqué le trafic aérien en 2010, lors de sa dernière éruption. Vue mystique, dans une brume totale… Personne aux alentours. Avec le Covid et l’ouverture récente des frontières (le 15 juin), il y a très peu de touristes. Je croise principalement des islandais, profitant des merveilles de leur pays, sans l’afflux habituel des touristes estivaux. Comme tous les matins, petite randonnée digestive autour du volcan, qui m’amène à ma première piscine d’eau chaude naturelle, au bord d’une rivière. Quelques kilomètres plus loin, nouvelle cascade, Skogafoss, avec une belle balade le long de la rivière, magnifique site, où une légende raconte qu’un trésor aurait été déposé derrière la cascade par un viking… Les islandais sont les « rois » de la saga et des légendes. Certains croient même aux elfes, qu’ils verraient dans la nature et protègent de toute invasion humaine… J’approche ensuite mon premier point de vue sur un glacier, le Solheimajökull, et les premiers icebergs. Une impression d’un autre monde, où je me sens toute petite face à ces grands espaces.

A la pointe sud-est de l’île, je découvre les premières plages de sable noir, à Kirkjufjara beach, dans la réserve naturelle de Dyrholaey. Belle balade le long de l’Atlantique nord, avec point de vue sur d’impressionnantes arches rocheuses, abritant nombreuses espèces d’oiseaux (les tâches blanches sur les photos). Approvisionnement dans la petite ville de Vik, à quelques kilomètres, avant de remonter la côte est. Je roule plus d’une heure au milieu d’anciens champs de lave, recouverts d’épaisses mousse verte. Stop pour une nuit dans ce paysage lunaire. J’avoue ne pas avoir été au camping une seule fois pour passer la nuit, juste des arrêts pour me doucher, faire ma lessive ou ma vaisselle. L’accès simple aux sanitaires est possible, moyennant 3 euros environ. Souvenir d’une visio avec les enfants de l’association « L’enfant@l’hôpital » au milieu de ce paysage lunaire. Puis balade au canyon de Fjathrargljufur, et à la cascade de Systrafoss. Pour l’anecdote, même sur les sites naturels, ils ont mis en place des panneaux de prévention de distanciation sociale « respecter 2m entre chaque personne »… ça m’a bien fait sourire.

Je remonte ensuite la côte Est, pour arriver au pied du plus grand glacier d’Europe: le Vatnajökull. Partie intégrante du parc national du même nom, je commence par une petite randonnée d’après-midi. Magnifique vue sur les volcans enneigés. Je pars le lendemain à la découverte du glacier, cette fois en groupe avec guide bien sûr. Journée superbe, grand ciel bleu, très peu de vent, nous randonnons quelques heures sur cette immense calotte glaciaire, entre les crevasses. Nous avons la chance de pouvoir découvrir une crevasse de plus près, en rappel. Des panoramas à couper le souffle! Notre guide nous explique la formation de ce glacier, et les phénomènes actuels. Bien sûr, il évoque les conséquences du réchauffement climatique. Il nous montre l’exemple de cette langue glaciaire, qu’il a découvert il y a 18 ans, et qui s’avançait de plus de 2 kilomètres… triste réalité.

Après cette mémorable expédition, je reprends la route sur la côte Est, pour arriver à Diamond beach et le grand lagon d’icebergs Jokulsarlon. Encore un effet wahou!! Je me sens vraiment toute petite face à ces immensités naturelles. Les couleurs, une lumière unique, le silence, la quiétude règne… lorsque j’entends quelques phoques en pleine baignade. Ils sont tranquilles, relax, au milieu des icebergs. C’est juste incroyable ! A quelques centaines de mètres, le lagon rencontre l’océan. Des milliers de fragments de glaces, tels des cristaux, bordent la longue plage de sable noir, d’où le nom de Diamond beach.

Le road trip se poursuit dans les fjords du Nord-Est. Des kilomètres de côte escarpée, sur fond de volcans, et de verdure où cohabitent paisiblement les traditionnels moutons, chevaux islandais et cygnes. Je m’arrête boire un verre dans un village typique, Eskifjörður. La taverne est une ancienne maison de pêcheurs du début du siècle, où l’étage a été laissé en l’état, destiné à la découverte du mode de vie traditionnel. Belle découverte culturelle !

La route n°1 sillonne ensuite dans les terres vers Egilsstadir, où je me balade sur un haut plateau, le long de la cascade de Fardagafoss. L’après-midi, je m’offre le luxe des bains de Vok, grandes piscines flottantes d’eau chaude naturelle, en bord de lac. Cadre idyllique, baignade détente avec vue panoramique sur les volcans, avec un petit verre de blanc. Ils savent profiter ces islandais: un bar directement dans la piscine, le pied ! Je tente la traditionnelle alternance de baignades dans l’eau froide du lac, et la piscine à 40°C, suivies d’une bonne séance de sauna. Quel bonheur! J’ai bien dormi la nuit suivante.

Je traverse ensuite un vaste « no man’s land » d’environ 200 kms dans le nord, entre canyons, immenses fermes et cascades. D’un coup, le paysage devient lunaire. A perte de vue, la route sillonne à travers des pics volcaniques: wahou! Prochaine étape: l’impressionnante cascade de Dettifoss, au plus gros débit d’Europe. Belle balade le long de la rivière, bien emmitouflée dans ma doudoune. Les chutes d’eau sont si fortes, que je me retrouve vite trempée, comme sous une fine pluie. A proximité, une seconde cascade, Selfoss, tout aussi spectaculaire.

Je reprends la route pour une cinquantaine de kilomètres, avant de découvrir le site géothermique Hverir: des sources chaudes, des boues bouillonnantes, des fumerolles. Paysages incroyables, avec une odeur très forte de souffre (pour ne pas dire d’œufs pourris!), comme sur tous volcans en activité. A 10 kms, je fais étape au bord du lac Myvatn. Balade sympa dans la réserve naturelle, avant de continuer vers les fjords du Nord.

Etape près d’une nouvelle cascade: Godafoss. Passage à Akureyri, la deuxième ville du pays avec moins de 20 000 habitants, au pied du fjord d’Eyjafjörður. Je découvre le village de Hauganes. Je fais la rencontre d’une pêcheuse, qui me montre ces poissons à sécher, dont une tête de requin, récemment pêché! Ils les consommeront dans plusieurs mois, après fermentation. A côté du petit port, une plage où sont installés des jacuzzis à ciel ouvert. Ici, pas de personnel, ni de barrières à l’entrée. Simple boîte où l’on dépose l’équivalent de 5 €: principe d »honesty box », révélateur de la mentalité locale. Température extérieure 9°C, baignade rapide dans la mer du Groenland à 6°C, avant de me relaxer dans ces « hot pots » à 40°C, au cœur de ce magnifique fjord. Moment magique!

Je parcours ensuite la péninsule de Vatnes, réputée pour l’observation de phoques et pour ces belles randonnées en bord de mer. Premier arrêt à Hvitserkur, panorama sur les longues plages et sur une arche rocheuse abritant nombres d’espèces d’oiseaux: sternes arctiques, mouettes tridactyles, huîtriers pies. J’ai vite compris pourquoi les locaux se baladaient un bâton à la main. Certaines sternes arctiques n’apprécient pas vraiment notre visite, et s’amusent à voler au ras de la tête. Pas très agréable, j’en ai avoiné plus d’une! 😉 Deuxième arrêt à Illusgastadir, à la rencontre des phoques, qui reposent paisiblement sur des îlots au large de la côte. J’adore!

La route circulaire m’amène vers l’Ouest. Je n’irai pas cette fois dans les fjords du Nord-Ouest, faute de temps suffisant. Un bon prétexte pour une prochaine escapade… Etape à Budardalur, une ancienne maison de viking, où serait né le fils d’Erik le Rouge. Une guide en costume traditionnel explique, au coin du feu, le mode de vie et les traditions de l’époque des vikings. Je plonge en pleine saga islandaise. Nouvelle découverte d’une piscine au milieu de nulle part, lors d’une randonnée dans la vallée. Je ne me baignerai pas ce coup-ci, il se met à pleuvoir sous 8°C, je vais éviter de tomber malade. Je traverse ensuite une piste sur une cinquantaine de kilomètres. Un renard polaire traverse à toute allure la route. Quelle chance! Il est très difficile à observer, car il se fond dans la nature, avec son pelage marron en été, blanc en hiver. Je fais étape pour la nuit en surplomb de la mer, orientée plein ouest, pour observer le fameux « soleil de minuit ». A cette période, près du cercle polaire, la nuit ne tombe pas. Le soleil flotte sur l’horizon entre minuit et 2 heures du matin, c’est extraordinaire !

Avant-dernière étape de 2 jours dans la péninsule de Snaefellnes, à l’extrême ouest. Un plein d’essence dans la ville portuaire de Stykkisholmur, pour finir la route sereinement. Je longe la côte, entre d’immenses montagnes, dont le spectaculaire mont Kirkjufell. Je fais 2 randonnées sympa dans le parc national. Un bon bol d’air! Le vent souffle à l’Ouest. Etape près du village d’Arnastapa, au pied de l’immense volcan Snaefellsjökull, qui a inspiré Jules Verne dans son livre « Voyage au centre de la Terre ». Quand on voit ces paysages lunaires, on se croit réellement au cœur de la planète Terre. En poursuivant la route vers la capitale, la péninsule est un champ de lave, recouverte de cette fameuse mousse verte. Je m’arrête à Budir, un ancien village avec sa charmante église traditionnelle. Avant de revenir à proximité de la capitale, dernière baignade dans une source d’eau chaude naturelle, à Landbrotalaug. Je croise seulement un couple, qui repart du site, et me retrouve seule à profiter des lieux, en plein milieu du champ de lave. Wahou!