Etape 18: Thaïlande – Inside Koh Phi Phi 2

2 mois et demi de confinement, un voyage inédit

Fin avril, les autorités ont finalement reconduit l’état d’urgence et les mesures restrictives associées, jusqu’au 31 mai minimum. La vie poursuit son cours, au rythme des marées et du soleil. La saison des pluies a commencé. Le temps est donc fluctuant, entre grand soleil et forts orages avec pluies diluviennes pendant 2h. Cela n’empêche pas de continuer à profiter de la mer, quasiment tous les jours! Je ne me lasse pas de ces panoramas paradisiaques.

Nous ne sommes plus qu’une dizaine de touristes dans les bungalows environnants. Maintenant, c’est comme une petite « communauté », composée d’italiens, d’islandais, anglais, français et bulgares. J’ai sympathisé aussi avec quelques locaux. On « tape la discute » avec Anan et Pong du staff, ou encore avec les vendeurs dans les supérettes du village. Il y a aussi Huan, la masseuse, qui me propose de temps en temps un massage sur la plage… J’ai comme l’impression de vivre ici. Pour une immersion dans la vie locale, c’est réussi! Une expérience unique.

Chacun a sa routine, mais nous nous croisons tous les jours à la plage. La vie est douce. Je continue à aller nager et faire du snorkeling, souvent avec Elisa ou Rémi. Avec Camilla, la petite italienne de 5 ans, je me retrouve en mode « tata Caro », à ramasser des coquillages, pour faire des colliers, et à jouer sur la plage. Avec Savi, Nicolas et Jack, nous nous retrouvons certains soirs, à jouer au Uno et boire quelques bières. Tous ensemble, nous organisons de temps en temps une balade en bateau dans les environs.

En 2,5 mois, j’ai eu le temps d’explorer le coin, entre les boats trips, le kayak et les balades à travers l’île.

Explorons l’archipel des îles Phi Phi:

  • Phi Phi Don

Île principale de l’archipel de Phi Phi, la seule île à être habitée, environ 2500 habitants. Elle s’étire sur plus de 7kms en longueur et 4kms de largeur. Sa beauté réside dans ses eaux turquoises, mais aussi de ses formations karstiques, recouvertes d’une épaisse forêt tropicale. Ici, la vie se passe surtout autour du village de Tonsai et sur ses nombreuses plages paradisiaques.

Le village de Tonsai:

La « porte d’entrée » de l’île, le port de Tonsai et son village composé de quelques ruelles, en bord de plages. Pas de route, pas de voiture, ici, on se déplace à pied, à vélo, en scooter, ou en « long tail ». Le village n’a aucun charme, rien que l’enseigne « Burger King », qui cache celle de « Mc Do », en dit long sur le tourisme de masse habituel. Dans les ruelles s’entassent échoppes locales, guesthouses et hôtels peu attractifs. La vie locale reprend doucement. La plupart des hôtels est encore fermé, mais de plus en plus de boutiques et restaurants (en take away) rouvrent.

La solidarité s’est renforcée pendant cette crise. Les thaïlandais sont réputés de nature hospitalière, je le confirme. Ils sont contents de la présence des quelques touristes restants sur l’île. Ce qui n’a pas été le cas partout: de nombreux pays ont refoulé les étrangers dès la fermeture des frontières. A Phi Phi, ils sont aux petits soins. A l’instar d’une initiative locale, soutenue par le ministère du Tourisme: 3 restaurants se sont relayés pendant une semaine début mai, pour nous offrir un brunch et un dîner à emporter. Adorables!

View points:

Pour profiter d’un panorama splendide sur l’île, plusieurs balades mènent à 3 « view points ». Le principal chemin part du village, pour arpenter des centaines de marches, et arriver au « view point 1 ». Un joli petit parc arboré permet de faire une halte, et d’admirer un premier point de vue. En poursuivant la balade, un chemin mène 400m plus haut au « view point 2 », pour un panorama époustouflant. Prévoir de l’eau pour cette petite grimpette, car il fait chaud et humide. Une autre possibilité: le trail vers « view point 3 », qui grimpe au point culminant de l’île, à travers la forêt tropicale, et possibilité de revenir sur Long Beach par l’intérieur des terres. Outre les vues, ces balades traversent une faune et une flore riche. Et pour la petite histoire, ces « view points » sont les points de regroupements en cas d’alerte tsunamis. Oui, l’île a été touchée, comme de nombreuses autres en Asie, par le terrible tsunami de décembre 2004. Maintenant, des systèmes d’alerte sont en place et des panneaux indiquent les parcours d’évacuation vers le cœur de l’île.

Monkey Beach:

Plage prisée par les touristes en boats trips (pas d’accès à pied), habituellement les singes sont la principale attraction de cette plage. Lors de mes différents passages en avril et mai 2020, nous étions seuls au monde, même plus de singes! Et oui, ils se rapprochent des habitations depuis que les touristes ont désertés, pour trouver de la nourriture. Je confirme: ils passent de temps en temps autour de nos bungalows (ne pas laisser de nourriture sur sa terrasse, ils ne se privent pas de tout manger!). Je les ai croisés dans la rue au village, où ils ont tenté de me voler mon dîner. Encore plus agréable sans les singes, « Monkey Beach », un vrai paysage de carte postale!

Laem Thong Bay:

Longue baie, excentrée au nord-est de l’île, accessible uniquement en « long tail »: quelques bungalows bordent cette plage bordée de cocotiers, aucun touriste, c’est un village de pêcheurs. Les poissons sèchent au soleil sur le bord de l’eau. Les enfants jouent sur la plage, viennent à notre rencontre, heureux de voir de nouveaux visages. Baignades, partie de foot, et grands sourires! Pas d’école depuis mi-mars, et jusqu’à début juillet minimum. Cela n’a pas l’air de les perturber…

Loh Lana Bay:

Au nord-ouest de l’île, une petite plage paradisiaque aux eaux turquoises et poissonneuses pour une bonne session snorkeling, entourée de formations karstiques.

Long Beach & Viking Beach:

Au sud de l’île, à 1,5 kms du village, une plage d’un kilomètre, juste après Viking beach, la petite plage de mon bungalow. Tous les hôtels, restaurants et supérettes le long de Long Beach, sont fermés depuis fin mars. Une plage paisible avec une vue magnifique sur Phi Phi Ley, où le principal intérêt se situe autour de « Shark Point »: un des meilleurs spots de snorkeling, un gros rocher à 200m de la plage, pour observer les requins à pointe noire. Une bonne sortie depuis ma plage de Viking, environ 2 kms aller-retour à la nage, avec de superbes fonds marins.

  • Phi Phi Ley

La petite île de Phi Phi Ley est située au sud de l’île principale. C’est un site naturel protégé, inscrit parc national, et depuis 2018, il est interdit d’accoster afin de le préserver. Les balades en bateau et les baignades ou snorkeling sont néanmoins autorisées autour de l’île. Une sortie incontournable !

Maya Bay:

LA fameuse plage du film « The Beach », qui a été tant prisée des touristes ces 10 dernières années, d’où l’interdiction d’accès désormais. Elle est vraiment magnifique! Et j’ai eu le privilège de pouvoir me baigner et admirer les fonds marins, uniquement avec mes compères de balade.

Phi Phi Ley Lagoon:

Et au milieu coule un lagon! Véritable havre de paix au milieu d’immenses pythons rocheux, les couleurs varient du bleu turquoise au vert vif des arbres centenaires, où semblent résider de nombreuses espèces animales. En l’occurrence, les aigles sont de sortie en cette période de confinement! Ils survolent le lagon, en quête de proies, pendant que nous nous baignons dans ce cadre idyllique, toujours seuls au monde. Incroyable sensation de faire la planche ici: quel spectacle! Notre grand jeu était de s’amuser de l’écho de nos voix au milieu de ce lagon.

  • Bamboo Island:

Petit banc de terre, situé au nord-est de l’île de Phi Phi Don, elle fait également partie des parcs nationaux. Fermée pendant la pandémie, nous n’avons pas pu accoster sur l’unique plage de sable blanc, bordée d’une végétation sauvage. Cela ne nous a pas empêchés de nous baigner au large.

Les fruits exotiques de saison, un régal!

J’avoue un faible pour les fruits tropicaux, surtout en cette saison. A commencer par les mangues, que je mange à la petite cuillère quand ce n’est pas en « mango sticky rice ». Outre les traditionnels pastèques, bananes, papayes et ananas juteux, voici venue la saison des pitayas (ou fruits du dragon), des fruits de la passion, des litchis et des ramboutans (des litchis « chevelus »). Entre 30 et 60 baths du kilo, soit entre 0,75 et 1,50 €, c’est un plaisir quotidien à petit prix !

Un voyage initiatique inoubliable

Passer 2 mois et demi sur une île paradisiaque, en plein confinement mondial, reste une expérience unique et inattendue. Je ne m’étais pas imaginée vivre si longtemps en maillot de bain, au rythme des marées et du soleil, bercée par les clapotis de la mer, dans un bungalow, au bord d’une plage de sable blanc aux eaux turquoises. Fin mars, je ne pensais pas me retrouver toujours là début juin. Finalement, ces 80 jours sont passés vite. Prendre le temps de vivre est un luxe dans le monde actuel. Prendre le temps d’apprécier les merveilles de la nature, et de voyager intérieurement… de se laisser vivre simplement l’instant présent. Une pépite dans une vie!

Les perspectives se dessinent doucement début juin. Le dé-confinement amorcé le 8 juin, avec Savi et Nicolas, j’ai quitté Koh Phi Phi mardi 9 juin 2020, le jour de mes 40 ans: fin de quarantaine, pour amorcer ma quarantaine! 😉 Je ne suis pas prête de l’oublier. Nous faisons une étape de 4-5 jours sur Ao Nang Beach, près de Krabi, avant d’essayer de vadrouiller dans les îles du Golfe de Thaïlande, d’ici la fin du mois.

Etape 17: Thaïlande – Inside Koh Phi Phi 1

1er mois de « confinement » sur une île paradisiaque

26 mars 2020: l’état d’urgence est prononcé en Thaïlande, jusqu’au 30 avril. La France est déjà en confinement strict depuis le 16 mars, au cœur de la pandémie de Covid-19.

28 mars 2020: après avoir obtenu mon renouvellement de visa à Krabi, qui me permet de rester dans le pays jusqu’au 10 mai, je retourne sur l’île paradisiaque de Koh Phi Phi. Je négocie un bungalow, sur la petite plage du Viking Nature Resort, véritable havre de paix: 20€ la nuit au lieu de 79€. Gros discount vu qu’ils n’ont plus beaucoup de touristes. Nous devons être 15. Je croise les doigts pour pouvoir rester ici.

29 mars 2020: 1h du matin, premier apéro virtuel avec les nantais. Oui, c’est le nouveau concept en confinement. Un bon moment de partage, même derrière un écran, ça fait du bien ! Après une courte nuit, 9h rendez-vous sur la plage de Loh Dalum, près du port, à 2,5 kms de sentiers, avec 5 français, rencontrés quelques jours avant. Au programme: sortie kayak pour découvrir la façade ouest de l’île. Nous partons à 4 kayaks, traversons d’abord la grande baie d’environ 2 kms, et longeons les formations rocheuses immenses. Il fait très chaud, plus de 40° au soleil. Première halte sur la plage de Nui Beach, une crique magnifique aux eaux turquoises et transparentes. Seulement une famille thaïlandaise qui pique-nique, et 2 touristes venus en bateau. Après une session de snorkeling pour certains ou simple baignade pour les autres, nous repartons plus au nord. Nous croisons quelques pêcheurs, et de rares bateaux. Deuxième halte sur la plage de Lana Beach, puis naviguerons plus de 2h l’après-midi, pour finir à Monkey Beach. Oui, comme le nom l’indique, la plage est habité par de nombreux singes, habitués aux touristes en masse. Nous ne serons qu’une petite dizaine, ils se montreront gentiment.

1er avril: les frontières thaïlandaises ferment, seuls les vols de rapatriement sont encore possibles. Il n’y a plus de ferry pour rallier le continent, jusqu’à la fin du mois. La situation n’est pas catastrophique dans le pays, environ 2 000 cas et une vingtaine de décès. Je pense que le port habituel du masque, et les nombreuses mesures de prévention, comme la mise à disposition de gel hydroalcoolique partout (dans les transports, à la caisse des supermarchés…), aident fortement à limiter la propagation. En Europe, et particulièrement en Italie, Espagne et en France, la pandémie se répand à vitesse express, les hôpitaux sont débordés et manquent de moyens, la situation sanitaire est plus alarmiste. J’ai des nouvelles régulières de mes proches, heureusement que nous sommes en 2020… Tout le monde va bien, c’est le principal.

Cela fait près de 5 mois que je ne me suis pas posée au même endroit, plus de 8 jours. Cela fait 6 mois que je n’ai pas eu de journée routinière. Plus de liberté de mouvements, la principale motivation du « tourdumondiste »… Il va falloir être patiente quelques semaines. J’ai encore la chance d’être en voyage! Je me fais progressivement mon programme quotidien. Je nage entre 1h et 2h par jour, avec masque et tuba, dans une eau proche des 30°C. Souvent avec mes voisins, Dimas et Priscilla, adorable couple de brésiliens avec qui je partage ce début de confinement. Que de merveilles sous l’eau! Plus les jours passent, plus la nature reprend ses droits. Moins il y a de bateaux, plus il y a de poissons. A environ 1km de nage, Shark point, le principal spot de snorkeling de l’île. Autour de rochers, des centaines de coraux, de poissons et de requins de récifs (inoffensifs bien sûr!). Les requins se rapprochent maintenant de la plage de Long Beach, sur 1 km. Quand j’en croisais 1 ou 2 lors des premières sessions, j’en rencontre maintenant plus d’une dizaine à chaque fois. Ils sont parfois 4 autour de moi (ça commence à faire un peu beaucoup, même s’ils font entre 1m et 1m50). C’est impressionnant! Que de couleurs dans ces eaux turquoises: des poissons-clowns jaunes, des poissons-papillons « arc-en-ciel », ou rayés jaunes et noirs, des murènes tachetées, des étoiles de mer, des oursins, des coraux en pleine renaissance. Je n’ai malheureusement pas d’appareils sous-marins, pour immortaliser en photos ces moments magiques.

Après une bonne baignade, je me met sur une de mes 2 formations en ligne. Je me suis remise aux cours d’espagnol gratuits sur Dualingo.com. Je n’ai que quelques bases, donc ça me servira toujours pour mes futurs voyages en Amérique Latine. A côté, je me suis inscrite à une formation en digital learning pour formateur sur Unow.com. Autant utiliser ce temps de confinement à renforcer ses compétences! Plutôt sympa pour occuper 1 ou 2h par jour. Je fais aussi des cours de pilates en ligne. Je n’ai pas trouvé de matelas adéquat, mais bon, mes 2 tapis dans mon bungalow font l’affaire! Cela me fait du bien.

A côté, je ne m’ennuie pas. Je continue à gérer mes photos et rédiger mes carnets de voyage pour le blog et pour les enfants qui me suivent. Nous avons réussi à conserver un lien avec les enfants de l’association Lenfant@lhopital, malgré la fermeture des IEM et le confinement à domicile. Avec la classe de CE2-CM1 de Véronique aussi, nous maintenons les liens réguliers et les messages par mail. C’est sympa de recevoir les nouvelles, parfois même en direct, des enfants, malgré le confinement.

Je vais tous les 2 ou 3 jours au village, Tonsai, à 2kms par les sentiers côtiers et la plage. La balade est de plus en plus calme, mais toujours très agréable, vue panoramique sur la mer et les formations rocheuses. Je croise de rares locaux et touristes (nous sommes environ 200 restants sur toute l’île). La vie est totalement au ralenti. Pas de route, pas de voiture, quasiment plus aucun « long tails » ne circulent sur l’eau. Quelques uns pêchent, notamment lors de la grande marée autour du 10 avril, la pêche à pied était de rigueur, comme en Bretagne! D’autres se reposent à l’ombre sous un arbre sur la plage. Quelques enfants jouent paisiblement.

10 avril: après l’annonce par le gouverneur de la province de la fermeture des hôtels et plages, nous attendons le verdict pour l’île de Koh Phi Phi. Les rumeurs courent que tous les touristes pourraient être transférés par bateau sur le continent, dans la ville de Krabi, dans des hôtels réquisitionnés pour la quarantaine. Dans l’après-midi, des policiers débarquent sur notre petite plage, avec 2 personnels soignants de l’hôpital de l’île. Ils sont plutôt bien équipés: masque, casque visière, bouteille de gel. Ils nous contrôleront individuellement: traçage de notre itinéraire des 14 derniers jours, passeport et visa, vérification de la température et éventuels symptômes de Covid-19. Aucun cas suspect. Ils nous remettent un certificat médical, et l’autorisation de rester ici, en « self quaranteene ». Je suis bien rassurée ! Je me voyais mal tenir longtemps confinée dans un hôtel glauque en ville.

12 avril: Cela fait un mois que je suis en Thaïlande, aujourd’hui. Mes voisins brésiliens décident de partir vers Bangkok, car leur ambassade leur propose un vol gratuit de rapatriement pour Sao Paulo le 17 avril. Ils ont préféré le prendre, au risque de rester coincés ici. Il n’y a quasiment plus de vols pour l’Amérique latine, plus d’escales possibles, et souhaitaient rentrer en mai. Nous sommes maintenant 11 touristes dans mon établissement: 3 couples d’anglais, d’allemands et bulgares, et une famille franco-italienne, Rémi et Élisa, avec leurs adorables petits de 9 mois et 4 ans. Nous avons tous sympathisé, et nous croisons sur la plage ou au restaurant.

Forcément, je commence aussi à connaître le staff, et discute avec Anan et Pong, tous les jours. La situation est difficile pour le personnel, qui est passé en travail à mi temps. La plupart vient de provinces éloignées, souvent au nord du pays, voire de pays limitrophes, comme le Myanmar. Ils ont l’habitude d’envoyer de l’argent mensuellement à leur famille, parfois leurs enfants restés chez leurs parents. En ce moment, ce n’est plus possible. Malgré ce contexte, ils restent tous souriants et aux petits soins. Leur cuisine thaï est plutôt bonne, des curries au pad thaï, en passant par les délicieuses soupes Tom Yum. Et je fais le plein de vitamines le matin, avec des fruits exotiques face à la mer, souvent en compagnie d’un petit chat 😉 Je ne suis pas à plaindre!

22 avril: les nouvelles sont plutôt positives. Le nombre de nouveaux cas ne cessent de baisser chaque jour, depuis quinze jours. Seulement 2600 cas, dont plus de la moitié guéris, et 49 morts. Les autorités commencent à parler de « déconfiner » à partir du 1er mai, 44 provinces, qui n’ont eu aucun nouveau cas depuis 2 semaines. Ce serait de bonne augure pour pouvoir circuler dans le pays au mois de mai. Petite inquiétude quant au 2ème renouvellement… Cela ne durera qu’une journée. Le gouvernement annonce une extension automatique des visas des étrangers, jusqu’au 31 juillet. Cela me laissera le temps que certains pays rouvrent leurs frontières.

Nous aurons connaissance des mesures de déconfinement, la dernière semaine d’avril. En attendant, je poursuis ma vie paisible au paradis jusqu’au 1er mai minimum. Dans ce chaos mondial, j’aurai eu l’immense privilège de cette parenthèse unique de vie: confinée sans touriste sur une des plus belles îles au monde. So lucky !

Etape 16: Thaïlande – Ayutthaya, Khao Sok, Koh Phi Phi

Escapades culture et nature thaï

Après l’agitation de Bangkok, nous prenons le train en direction d’Ayutthaya, à 80 kms au nord, pour une escapade culturelle. Ayutthaya est l’ancienne capitale du royaume de Siam, entre le XIV et le XVIIème siècle. Après 2h de train, nous prenons un traversier pour passer le fleuve, et arrivons au cœur de la petite ville. Le lieu est habituellement très touristique. Peu d’animations dans les rues, lors de notre passage les 18 et 19 mars, les touristes se font très rares avec la pandémie de Covid-19. Nous louons un vélo dans notre maison d’hôtes, pour partir à la découverte de cet exceptionnel site archéologique. Environ une quinzaine de vestiges d’anciens temples répandus dans la ville et aux alentours. Sous un soleil de plomb, il fait plus de 35 degrés, nous pédalons d’un temple à un autre. Sur le retour, l’un de nos vélos est à plat. Personne dans les rues, ce sont finalement les policiers qui nous ont aidées. Ils se sont mis à 3 à vouloir donner un coup de main. Adorables! A l’image de notre hôte, qui sera aux petits soins de ces seules touristes. La quiétude, les couleurs et la beauté des temples font de ce site, une agréable étape de 2 jours.

Nous redescendons sur Bangkok en train, pour prendre un train de nuit, direction Surat Thani, au sud du pays. Arrivées vers 8h30 du matin, nous devons être au maximum 15 touristes, à se répartir entre les îles de Koh Samui et le parc national de Khao Sok. Nous montons dans un minibus, pour 2h en direction du parc national. Nous avons trouvé un bungalow dans la jungle, « Jungle House 1 », au bord d’une rivière, dans un superbe cadre naturel! Nous passerons la première journée à nous balader dans la jungle, au milieu d’une immense bambouseraie, avec baignade dans la rivière. Le lendemain, nous partons à la journée, avec un groupe de 7 personnes très sympas, pour une balade en bateau sur le lac Cheow Lan, au cœur du parc national de Khao Sok. La couleur de l’eau est incroyable, entre bleu et vert, éclatante. Nous découvrons d’immenses formations karstiques parsemées de jungle, au fil de notre balade. Improbable: nous nous arrêtons au milieu du lac, à la rencontre d’un marchand de glaces maison à la noix de coco, qui vend depuis son bateau, excellent! Nous déjeunerons au bord du lac, de bons plats locaux, avant de faire une bonne sortie kayak au milieu de ce cadre extraordinaire.

Le 21 mars, nous nous dirigeons vers le port de Krabi, à 2h de minibus, pour prendre le bateau pour la fameuse île de Koh Phi Phi. Comme les 2 précédentes escapades, habituellement très touristiques, je n’avais pas prévu d’y venir. Le contexte de désertification des touristes m’a fait changer d’itinéraire. Et dans la perspective d’un éventuel confinement à venir, je préfère aller rapidement sur une île au sud du pays, loin du cœur épidémique de Bangkok. Comme la plupart des thaïlandais, je commencerai à porter un masque à partir de ce jour, dans tous mes déplacements.

Nous découvrons émerveillées, les côtes de cette île paradisiaque, en arrivant par ferry. L’eau est turquoise, un mélange de lignes vertes et bleues. Transparente, nous pouvons voir les coraux et quelques poissons, depuis le pont. Une île formée de formations rocheuses, bordée de forêts tropicales et de plages de sable blanc. Le paysage est magnifique! Nous trouvons un bungalow dans la jungle, au bord d’une petite plage superbe. Vu le peu de touristes, nous sommes surclassées dans un confortable et spacieux bungalow avec terrasse et hamac, vue sur la mer. Seuls s’invitent quelques singes le premier soir sur notre terrasse. Peu farouches, ils se permettront de prendre un verre et une canette de bière vides, avant de se laver les coucougnettes dans notre bassine pour se rincer les pieds, à l’entrée du bungalow ! Au programme de nos jours suivants: plages, lecture, balades, snorkeling et sortie bateau mémorable sur l’île de Phi Phi Ley, juste en face de Phi Phi Don. L’accès à l’île est fermé en raison de la surfréquentation des dernières années, sur Maya Bay, plage du célèbre film « La Plage ». Nous avons simplement fait une balade en bateau pendant une demi-journée, avec baignade et snorkeling dans les baies. Un privilège incroyable que de découvrir ce site magique, teinté d’une eau turquoise incroyable, sans touriste !

La Thaïlande recèle d’une culture riche, ainsi que d’une nature somptueuse et variée. Ce n’est qu’un aperçu des merveilles thaïlandaises. Il y a tant à explorer au « pays des sourires ». Pour l’heure, les déplacements sont limités, les magasins commencent à fermer, les écoles le sont depuis 2 semaines, les frontières se ferment progressivement à partir du 26 mars. La France est en confinement strict depuis le 16 mars. Le ministère des Affaires Etrangères recommandent aux ressortissants français de rentrer en métropole. Des vols de rapatriement me sont proposés par l’Ambassade via mail. Presque tous mes compagnons de voyage depuis des mois, mettent fin à leur périple. Après plusieurs jours de réflexion, je décide de rester ici. La situation sanitaire est beaucoup moins alarmiste qu’en France, je fais confiance en la capacité de gestion de crise en Thaïlande et à leur compétences médicales. Le 28 mars, je vais sur Krabi, au bureau de l’immigration pour obtenir une extension de visa d’un mois. Cela me permet de rester dans le pays jusqu’au 10 mai. Anne rentre en France le 29 mai, et je retourne « me confiner » sagement sur l’île de Koh Phi Phi, pour quelques semaines, si possible.

  • Auytthaya: Wat Yai Chai Mongkol, Wat Mahathat, Wat Phra Si Saphet, Wat Lokayasutharam, Wat Phu Khao Thong, Wat Chai Watthanaram
  • Parc National de Khao Sok: trek au départ du village de Khao Sok (autonomie après paiement droit d’entrée 300 baths soit 8 €) et trip organisé d’une journée en bateau sur le lac Cheow Lan avec option kayak ou visite de grottes
  • Koh Phi Phi: farniente, balades, snorkeling, kayak, sortie bateau sur les îles alentours (privilégier l’incontournable Phi Phi Ley)
  • Hébergement: « Our Jungle House » à Khao Sok, bungalow pour 2 personnes, avec climatisation et terrasse, dans la jungle, au bord de la rivière, avec restaurant sur place (23€ la nuit pour 2). « Viking Nature Resort » à Koh Phi Phi, bungalow pour 2 personnes, surclassée, dans la jungle avec vue sur mer (38€ la nuit pour 2, au lieu de 85€).
  • Déplacement vers le sud: 2 options, avion low cost ou train de nuit. Quand on a le temps, privilégier le train de nuit depuis Bangkok, couchette confortable, environ 20 € de Bangkok à Surat Thani, 13h de trajet. Pour rallier les îles ou le parc national, prendre un minibus, à la sortie de la gare.

Auytthaya

Parc national de Khao Sok

Koh Phi Phi

Etape 15: Thaïlande – Bangkok

Bangkok, la cité des anges

Surnommée « Krung Thep » par les thaïlandais, littéralement « la cité des anges », Bangkok est une mégalopole incontournable d’Asie, d’environ 20 millions d’habitants. Elle mêle traditions et modernité, avec une atmosphère unique. Je suis tombée sous le charme de Bangkok, dès ma première visite en 2007. Je suis toujours excitée de revenir ici. J’atterris le 12 mars, en provenance de Penang, en Malaisie. C’est mon troisième passage ici, je retrouve immédiatement les plaisirs de la ville, et reprend vite des habitudes de vie locale.

Je me pose dans une auberge de jeunesse très agréable, avec un grand jardin et un bar, dans le quartier nord de la ville, loin du cœur touristique. L’ambiance est familiale, d’autant que les touristes commencent déjà à déserter, avec l’avancée de l’épidémie de coronavirus dans le monde. Aucune restriction au moment de mon passage. Cela ne durera qu’une semaine. Je redécouvre donc Bangkok dans un contexte particulier, beaucoup moins « active » qu’habituellement.

Je retrouve des « compagnons de route » le 14 mars, Tim et Ju (avec qui j’ai passé une dizaine de jours dans la région de Goa en Inde). Nous nous offrirons l’apéro en sky bar, « Escape Bangkok », dans le quartier moderne, très sympa ! Puis, Anne arrivera de France le 15 mars, pour partager deux semaines de périple. Notre première soirée me fera revenir en France le temps de quelques heures, avec le plaisir de déguster un bon Bordeaux, du fromage et du saucisson, qu’elle m’avait gentiment rapportés. J’avoue que ça me manque souvent en voyage !

C’est parti pour la (re) découverte de la ville ! Un de mes plaisirs favoris à Bangkok: la street food, une des meilleurs au monde! La cuisine thaïlandaise est délicieuse: de l’incontournable « pad thaï » à la traditionnelle soupe « tom yum », en passant par les multiples « satays » et le « mango sticky rice » (riz gluant à la mangue et au lait de coco), mon dessert préféré. Chaque repas en Thaïlande est une fête pour les papilles. Attention aux estomacs sensibles, les plats sont souvent très épicés, mais le corps s’habitue après quelques années !

Outre ces plaisirs culinaires, qu’est-ce qui caractérise cette ambiance unique ? Je dirai: un mode de vie typique, avec ces sourires authentiques, une hospitalité incroyable et ces traditions bouddhistes omniprésentes. Bangkok est aussi une ville de contrastes, comme de nombreuses mégalopoles asiatiques. Les temples et maisons sur pilotis côtoient les malls, les multiples buildings et rooftops.

Outre les traditionnels tuk-tuks et les vieux bus, il est très facile de circuler d’un bout à l’autre de la ville, avec son réseau de transports modernes, alliant métro aérien (BTS) et souterrain (MRT). Mais mon mode de transport préféré est incontestablement le bateau-bus. Bangkok est traversé par un immense fleuve, le Chao Phraya, et ces fameux khlongs, ces canaux affluents qui relient les différents quartiers de la ville. Evidemment, se perdre dans les rues reste le meilleur moyen de découvrir cette ambiance unique et de capter les moments de vie locale.

Incontournable de la « cité des anges », ses marchés. Je commencerai par les marchés flottants, aux quatre coins de la province. Sur leur long bateau en bois, appelé « long tail », le commerce de produits frais locaux s’opère comme une tradition ancestrale. Bien que devenus des attractions touristiques, ces marchés flottants font réellement partie du mode de vie locale. J’ai choisi de me rendre au petit marché flottant de Taling Chan, à quelques kilomètres à l’ouest de Bangkok. Même si je suis arrivée à la fin du marché, j’ai pu apprécier son charme, et déjeuner sur place avec un thaïlandais adorable, habitué des lieux tous les samedis. Ici comme partout, des stands de street food: on achète un délicieux plat à emporter, on s’assoie sur un tabouret en plastique autour d’une table, et on partage, en tout simplicité, un repas avec les locaux.

Dans le quartier historique de Phra Nakhon, nous avons pris plaisir à arpenter deux autres types de marchés: le marché de gros des fruits et légumes, et le marché aux fleurs « Pat Klong Talad ». Non, la Thaïlande n’est pas réputée pour le commerce des fleurs. Mais les offrandes, traditions bouddhistes (et hindouistes), sont omniprésentes dans la vie des thaïlandais. Elles sont déposées dans les temples et autels, partout dans la ville, chaque jour. Dans un grand hall, des centaines de femmes préparent des milliers d’offrandes de fleurs, très raffinées, qui sont ensuite vendues dans les rues adjacentes, et fleuriront tous les temples de la ville. C’est juste magnifique !

Côté traditions, une découverte de Bangkok ne serait pas complète sans la visite de quelques uns de ces majestueux temples. Mon préféré, que je ne me lasse pas de visiter à chaque passage, l’impressionnant « Wat Pho ». C’est un des plus grands (8 hectares) et plus anciens temples bouddhistes de la ville (XVIII). Il abrite l’immense Bouddha couché (43m de long et 15 m de hauteur!), symbolisant Bouddha sur son lit de mort.

Parmi la multitude de temples que dénombre Bangkok, j’ai apprécié aussi la visite du « Wat Arun », sur l’autre rive du fleuve, le « Wat Intharawihan » au nord du quartier historique, et le « Wat Saket », perché sur une colline, surnommé le « temple de la montagne d’or ». La vue panoramique sur la ville est imprenable, particulièrement au coucher du soleil (malheureusement couvert le jour de notre passage).

Dans les incontournables de Bangkok, le Grand Palais est l’ancien palais royal, à côte du temple Wat Pho. Il abrite le grand Bouddha d’Émeraude. Je ne referai pas la visite lors de ce passage, mais le recommande vivement. Enfin, la maison de Jim Thompson vaut vraiment le détour. Ce « musée » est situé près du quartier moderne, et accessible facilement en bateau-bus. Construite dans les années 50, cet homme d’affaires et aventurier américain avait pour ambition de relancer l’industrie de la soie, en déclin. Véritable havre de paix, elle reflète l’architecture thaïlandaise et les us et coutumes locales. Dans le même style architectural, j’ai découvert également le Palais Suan Pakkad, un ensemble de quatre « maisons-musées » abritant de belles collections d’antiquités thaïlandaises.

Cette escapade de 4 jours à Bangkok était, une nouvelle fois, un régal ! Après, il fait bon s’échapper de la ville, pour explorer ce magnifique pays. Nous partons donc le 17 mars, en direction d’Ayutthya, pour une escapade culturelle, puis au sud, dans le parc national de Khao Sok et l’île de Koh Phi Phi, pour profiter des merveilles de la nature thaï.

Etape 14: Malaisie

10 jours dans le Nord de la péninsule malaise

Dimanche 1er mars, arrivée à Kuala Lumpur, à 1h de vol de Sumatra. C’est mon deuxième périple en Malaisie, 9 ans après un trip dans le sud. J’avais un très bon souvenir de « KL ». Je décide de me poser 4 jours dans la capitale malaise, dans une auberge de jeunesse, « 1000 miles », recommandée par Armelle, rencontrée à Sumatra. Je suis au milieu du triangle culturel, entre Chinatown, le quartier colonial et « KLCC » (Kuala Lumpur City Center).

Il fait toujours un bon 35°C avec un taux d’humidité élevé, la chaleur est toujours au rendez-vous au mois de mars en Asie du Sud-Est. Cela ne m’empêche pas de redécouvrir la ville, de quartiers en quartiers. Mon regard a changé depuis mon premier passage, la ville est toujours aussi aussi dynamique et cosmopolite, mais je la trouve vieillie, j’avais une image beaucoup plus moderne en 2011. Peut-être parce que je suis passée récemment à Singapour… parce que je la comparais à Bangkok… Premier soir, je me fais un bon resto au pied de la « Kuala Lumpur Tower ». La ville « by night » a son charme, les buildings illuminés, des bars et restos cosy. Le lendemain, je me balade dans les ruelles de Chinatown et Little India. Je m’arrête au Central market, visite les temples taoïstes Guan Di et SinSze Si Ya, puis le temple hindou Sri Maha Mariamman. Je remonte sur le quartier colonial, avec ses sublimes monuments historiques sur Merdeka Square, et la grande mosquée « Masjid Jamek ». A 10 kms au nord, se trouvent les grottes de Batu: vaste ensemble de grottes calcaires abritant des temples, une belle promenade hors de la ville. Je retrouve Armelle, rencontrée à Sumatra, qui m’avait recommandée l’auberge. Elle est rentrée en urgence, après un piratage de carte bancaire. Ayant eu le cas en début de périple, je la dépanne bien sûr, en attendant que la situation se débloque. Nous nous baladons la dernière journée dans le quartier ancien de Kampung Baru: c’est le vieux « KL », avec ses maisons en bois sur pilotis, ses petites échoppes et sa street food, une atmosphère rurale, au milieu des gratte-ciels. En soirée, nous nous baladons dans le parc KLCC, et prenons de la hauteur dans un des nombreux bars « roof top », pour boire un verre avec vue imprenable sur les « stars de KL »: les tours Petronas. J’aime bien l’ambiance de « KL », cette ouverture, cette variété et cette tolérance: une société malaise multiculturelle, avec une mixité de religions entre musulmans, communauté chinoise taoïste et bouddhiste, communauté hindoue, et chrétiens. Outre la re-découverte de la ville, j’en profite retrouver des loisirs « du quotidien », parfois, j’en ai aussi envie pendant ce voyage. Je passe donc une soirée au cinéma, voir « The call of wild », sympa. Le lendemain, je me joins à un groupe de squasheurs loisirs, au club national de squash à KL. Super ambiance, hyper convivial, ça m’a fait du bien de taper la balle pendant 2h!

Le 5 mars, direction les Cameron Highlands, dans les montagnes au nord du pays, 2h de bus confortable. La Malaisie est un pays facile pour les voyageurs. J’arrive sous la pluie, dans la brume, un côté mystique. Le temps se lèvera dès le lendemain matin. La fraîcheur de l’air est vraiment appréciable, après la lourdeur du climat à KL. Je rencontre une jeune belge et une australienne, avec qui je partage le dortoir. Nous partons en trek une demie-journée. Accessibles facilement sans guide, les trails sont disponibles sur l’application maps.me. Les sentiers traversent d’abord la jungle, nous alternons de belles montées et descentes, un peu casse-gueule, avec l’humidité sur les racines et les roches. Nous arrivons ensuite dans les fameuses plantations de thé verdoyantes de Cameron Highlands. C’est superbe ! Après une dégustation de thé (glacée après une bonne marche!), nous regagnons le village par le route, en stop. Pas simple ici, cela ne doit pas être commun, mais on a fini par monter à l’arrière d’un camion de marchandises !

Le 7 mars, nouveau bus direction Ipoh, à 2h des CM, avec mon amie belge. C’est la 3ème plus grande ville du pays, avec environ 700 000 habitants. Nous nous baladons tranquillement dans le quartier historique, ancienne ville coloniale britannique. Le cœur de la ville est paisible: des ruelles aux multiples street arts, notamment sur Concubine Street, et des petits bars lounges dans d’anciennes maisons coloniales. C’est le week-end, les habitants locaux sont de sortie, peu de touristes ici. Ambiance tranquille et familiale. Nous prolongeons d’une journée cette étape, pour aller découvrir des temples dans les grottes au nord de la ville:  Lin Seng Tong temple et Nam Tiang Tong Temple. Comme souvent, le plus sympa dans les balades, ce sont les rencontres. Nous sommes invités à la fête d’un des temples, à partager le déjeuner, devant un spectacle de karaoké, activité préférée des asiatiques. Mdr ! 🙂 Nous nous retrouvons attablées avec les locaux, sous une immense tonnelle, à partager en toute convivialité de nombreux petits plats délicieux. Un souvenir mémorable!

Dernière étape du périple: l’île de Penang, au nord-ouest du pays. C’est une grande île développée, ralliée à la péninsule par un immense pont, et sa ville principale: Georgetown. Je n’ai pas opté pour une petite île paradisiaque, ayant déjà passé du temps à Nias en Indonésie et prévoyant les îles thaïlandaises ensuite. Je souhaitais découvrir cette facette du pays, avec une ville multiculturelle et colorée, et la nature à proximité. J’ai adoré Georgetown pour ses multiples œuvres de street arts, partout dans le vieux quartier, ses monuments historiques dans le quartier et coloniale (également britannique), et pour son ambiance conviviale avec ses petits bars et restos installés dans les anciennes shophouses au style chinois. Je retrouve ici Hamou, rencontré à KL, en vacances pour 2 semaines, avec qui je passerai 2 soirées. A 40 minutes de bus, Penang Hill, une balade sympa d’une demi-journée, havre de paix et de verdure, ancien lieu de villégiature des colons. 2 options pour monter au sommet de cette colline: une randonnée de 4h ou le funiculaire en 10 minutes. Sous 36 degrés, j’opte pour l’option flemmarde, et garde de l’énergie pour me faire une petite balade de 6 kms sur la colline, bordée de forêts tropicales, avec vue panoramique sur la ville et la côte.

Un périple de 10 jours qui allie nature, culture et villes, avec le confort d’un pays développé, qui sonne comme une transition entre l’Indonésie et la Thaïlande, avant de rallier Bangkok le 12 mars. Mon voyage prendra une autre dimension dans les jours suivants. A l’heure où je boucle cet article, les frontières se sont fermées en Malaisie, suite à l’épidémie de coronavirus. Je ne m’y attendais pas. Lors de mon passage, à peine 100 cas détectés, aucune mesure d’urgence n’avait été décrétée, seules les mesures préventives habituelles. 4 jours après mon départ, mesures radicales prises par le gouvernement malais, suite à une expansion rapide de la situation les amenant à plus de 500 cas. Sans le savoir, j’ai donc fait le bon choix au bon moment. La pandémie devient mondiale, les frontières se ferment à tour de rôles, aux quatre coins du globe. Rien n’est plus prévisible. J’ai 2 options: rentrer en France ou rester en Thaïlande. Je décide de rester, et essaierai d’obtenir une extension de visa jusqu’au 10 mai. C’est un des pays les plus sûrs actuellement, sans confinement obligatoire. Tout en adoptant les gestes barrières, je me poserai dans les îles jusqu’à évolution de la situation dans le monde.

  • Kuala Lumpur: sillonner les quartiers de Chinatown (marché central, temples Guan Di et SinSze Si Ya), Little India (temple hindou Sri Maha Mariamman), au quartier colonial (Merdeka Square) en passant par « KLCC » (KL Tower, Petronas Towers, KLCC Park, Bukit Nanas)
  • Cameron Highlands: trekking accessibles sans guide avec l’application maps.me, visites et dégustations des plantations de thé.
  • Ipoh: street art, vieille ville coloniale, temples Lin Seng Tong et Nam Tiang Tong au nord de la ville (le plus simple pour s’y rendre à plusieurs, est de prendre un Grab)
  • Penang island: Georgetown, son street art, sa vieille ville coloniale et ses bars cosy, Penang Hill en funiculaire ou en trek, la vue panoramique sur la ville de Georgetown et sentiers de balades dans la jungle, Penang National Park accessible en bus local à 1h environ de Georgetown pour des petites randonnées dans la jungle et/ou farniente au bord de l’eau.
  • Hébergements: « 1000 miles Hostel » à Kuala Lumpur, dortoir femmes de 4 pour 10 € la nuit avec petit déjeuner, près de Madjik Jamek, au cœur de la ville. « Rope Walk Guesthouse » à Georgetown sur l’île de Penang, dortoir femmes de 10 pour 7€ la nuit, près du quartier animé.
  • Transports: réseau de bus locaux très pratiques, confortables et rapides. Utiliser l’application « 12Go » pour réserver en ligne (utile dans d’autres pays d’Asie du Sud-Est).

Kuala Lumpur

Cameron Highlands

Ipoh

Île de Penang

Etape 13: Indonésie – Sumatra

Richesses naturelles et culturelles de Sumatra

Depuis l’île de Nias, je décide de continuer à explorer l’Indonésie, et prend un vol pour Sumatra. Cette île est immense, 7ème plus grande île au monde, située sur l’Equateur, au sud de la péninsule malaisienne, elle s’étend sur plus de 1 800 kms du nord au sud. J’opte pour la découverte du Nord de l’île. Halte d’une journée à Medan, principale ville, sans grand intérêt. Je fais un tour dans le centre-ville: une belle mosquée, quelques anciens bâtiments coloniaux, et toujours ces sourires à chaque coin de rue, ces « hello, where do you come from? » et ces pauses photographiques! Peu de touristes à l’horizon… J’ai besoin de retrouver un peu de confort, dans une auberge de jeunesse, et de bouffe occidentale. Marre du riz et des nouilles sautés aux légumes, au bout de quelques temps… je me fais mon premier Mac Do du séjour. C’est rare que j’y mange en France, mais j’avoue que ça m’a fait du bien, ce menu Big Mac.

Le lendemain, je prend la route pour le parc national de Gunung Leuser, à 4h environ de Medan. J’opte pour le « taxi collectif », ni plus ni moins qu’un monospace basique, plus rapide que le minibus local qui s’arrête partout. Le spectacle sur la route n’est pas des plus réjouissants: la triste réalité de la déforestation à perte de vue. Des kilomètres de champs de palmiers, des camions qui naviguent des forêts aux usines de production. Des terres dévastées, de la fumée, des feux volontaires qui ravagent cette ancienne jungle… Je suis au cœur de l’industrie mondiale de l’huile de palme, qui démolit l’écosystème local…

J’arrive en fin de journée à Bukit Lawang, petit village traversé par une agréable rivière. De multiples ponts suspendus, entre les différentes guesthouses, les petits bars et « warungs », c’est roots! Quelques touristes indonésiens, venus pour le week-end, et quelques étrangers attirés par un seul but commun: aller à la rencontre des derniers orang-outans dans leur milieu naturel. Un de mes rêves! Je prend l’option « jungle trek » 2 jours / 1 nuit, avec une agence de trekking locale. Départ 9h du matin le lendemain, j’ai de la chance, nous ne serons que 2, Léanne, une hollandaise, et moi, avec notre guide local, Yazid. Nous voilà partis dans la jungle, à la découverte de la richesse de la faune et la flore de Sumatra. Nous commençons par la traversée de plantations d’hévéas, et Yazid nous explique la collecte du caoutchouc naturel. Puis nous entrons directement dans le parc national, où vivent environ 5 000 orang-outans. Pour l’anecdote, « orang » signifie « homme » et « outan » signifie « forêt », en indonésien. Les « hommes de la forêt », espèce en voie de disparition, sont protégés dans ce parc national. Ils côtoient les nombreux singes, dont une espèce unique à Sumatra, les « Thomas Leaf » ou Semnopithèque de Thomas, blanc et gris avec leur longue queue. D’autres espèces animales arpentent ce parc national, comme les gibbons, et quelques rares tigres, rhinocéros et éléphants . Dès la première heure, nous découvrons nos premiers orang-outans. Notre guide les repère au bruit, et aux gros « nids » qu’ils fabriquent chaque jour dans les arbres. Pour ne pas être repérés par les tigres ou autres prédateurs, ils changent régulièrement de « nids ». Nous avons même la chance de voir des bébés, bien protégés dans les bras de leur mère. C’est incroyable de les voir de si près, suspendus aux branches de ces immenses arbres tropicaux. Nous en croiserons une dizaine dans la journée, ainsi que de nombreux singes « Thomas Leaf ». Génial ! Le trek n’est pas des plus reposants, 6h-7h de montées et descentes à travers la jungle tropicale, au milieu d’arbres énormes, on s’accroche parfois aux lianes pour ne pas tomber. Ce qui ne m’empêchera pas de glisser à 2 reprises, en descente, sur des racines humides… rien de méchant… nous arrivons en milieu d’après-midi, trempés avec cette chaleur humide, dans notre campement au bord de la rivière. La baignade est bien méritée! Un 2ème guide est déjà sur place. Il nous prépare un festin de curries pour le dîner, soirée mémorable en pleine nature ! Nous passerons la nuit sous « tente », enfin cahute en bois avec bâche. Le lendemain matin, balade le long de la rivière, rencontre avec les varans, baignade dans une cascade. Puis nous terminons notre périple en « rafting » local, ni plus ni moins que des 3 bouées pneumatiques attachées.

Après une bonne nuit de récupération, je reprend la route en minivan partagé, pour Berastagi, à 4h environ. J’arrive au pied des 2 volcans principaux de l’île de Sumatra: Sinabung et Sibayak. En Indonésie, les volcans sont encore très actifs, la dernière éruption de Sibayak date de moins d’un an. L’accès à ce dernier est encore fermé au public. Mais le volcan Sinabung est accessible, objet de cette étape à Berastagi. Le village n’a que peu d’intérêt, outre une balade au marché de fruits et légumes locaux, la terre étant très fertile autour des volcans. Je rencontre Armelle, une française qui a tout plaqué en France pour s’établir en Asie du Sud-Est, et Joris, un hollandais en vadrouille 3 mois. Nous parcourons les alentours en scooter: découverte du pays Batak Karo (oui oui, je ne l’ai pas inventé!) et du village Lingga aux maisons traditionnelles où vivent encore plusieurs familles, passage dans un village « fantôme » déserté après la dernière éruption de Sibayak, visite du centre d’observation sismique. Nous tenterons l’ascension du volcan Sinabung, 2h de marche environ, pour le coucher de soleil. Pas de bol, le temps vire pendant la montée, nous nous retrouvons dans le brouillard. Cela donnera un côté mystique à notre balade autour du cratère, en plus des bonnes odeurs d’œufs pourris des émanations de soufre. Cette randonnée était sympa, mais ne vaut pas l’ascension du Rinjani à Lombok, ou du Kawah Ijen et du Bromo à Java, beaucoup plus impressionnants. Nous redescendons sous une pluie tropicale, et terminons la journée par une baignade relaxante dans une des nombreuses sources d’eau chaude naturelle.

Dernière étape de mon périple sur Sumatra: le lac Toba, à 900m d’altitude, l’air est plus frais. C’est le plus grand lac volcanique au monde, il s’étire sur plus de 100 kms de long et 35 kms de large. Il s’est formé par l’explosion d’un volcan gigantesque il y a 75 000 ans ! Et au milieu, l’île de Samosir, « camp de base » pour explorer la région. Les transports amènent d’abord dans le village de Parapat, où partent les bateaux pour le village de Tuktuk, situé sur l’île. Nous sommes seulement une dizaine de touristes étrangers, à traverser. Je retrouve Léanne sur le bateau. Je fais de nouvelles rencontres dans ma maison d’hôtes. Nous partirons ensemble en scooter, le lendemain, pour découvrir la culture Batak Toba et la nature au bord du lac. La vie locale est paisible. Elle est aussi très modeste, à l’instar de toute l’île. L’ancien peuple Batak Toba était cannibale, des guerriers sauvages. Ils ont toujours leur dialecte local, et auraient conservés encore des rites animistes. Cela me rappelle le pays Toraja en Sulawesi. Nous visitons plusieurs villages, avec ces maisons traditionnelles en forme de bateau, sur pilotis, à l’architecture proche des Batak Nias ou Batak Karo. De nombreux enfants nous saluent toujours à notre passage. Nous croisons chèvres, chiens, poules et même des buffles. Nous tombons sur un mariage, où nous sommes invités à prendre des photos des mariés, et même à manger une gamelle de riz. Quelle hospitalité!

Le dernier jour, devant ma maison d’hôte, un groupe de jeunes étudiants locaux m’interpelle. Ils sont à la recherche de touristes étrangers pour parler anglais. Ils ont préparé « une interview », ils filment avec leur téléphone, ils sont trop contents! Comme tous, ils prendront des dizaines de photos, « selfies » comme ils disent. Ils me convient à 16h dans un hôtel à proximité, pour une activité avec d’autres groupes d’étudiants locaux. J’accepte volontiers. A mon arrivée, ils sont comme des dingues, et me saute dessus. Je me retrouve avec 2 autres étrangers, membre d’un jury d’une « battle » de chansons, genre « the voice ». Mdr ! Ils sont fans de musique de « lovers » et de chorégraphies, c’était unique.

Pour ce 4ème voyage en Indonésie, Sumatra et Nias ont été de belles découvertes: des îles plus authentiques que Java, Lombok et Bali bien sûr. Pour les amoureux de nature, d’aventures et de culture, c’est le bon choix !

A voir, à faire

  • Bukit Lawang & parc national Gunung Leuser: trek dans la jungle à la rencontre des orang-outans. Réserver sur place un guide, auprès de sa guesthouse ou dans une des agences locales de trek. Plusieurs formules au choix, selon timing et budget: de 3 heures à 3 journées/2 nuits. Option choisie: 2 jours/1 nuit pour 90 € tout compris, repas inclus.
  • Berastagi & volcan Sinabung: trek du volcan, visite du village Lingga et découverte de la culture Batak Karo, centre d’observation sismique près du volcan Sibayak, baignade dans les sources d’eau chaude naturelle.
  • Lac Toba & île de Samosir: balade en scooter ou à vélo sur l’île, découverte de la culture Batak Toba, des villages et maisons traditionnelles, balade en bateau ou en kayak sur le lac.
  • Hébergements: A Medan, MM Capsule Hostel, propre, confortable, espaces communs agréables, réservations possibles des transports (voiture partagée) et de treks, prix abordable 6€ le lit en dortoir, petit déjeuner inclus. A Bukit Lawang, Junia Guesthouse, petit bungalow dans un jardin très agréable, en bord en rivière, 8€ la nuit, bar-restaurant sur place.
  • Trek dans le parc national Gunung Leuser: réserver avec Bukit Lawang Guide.
  • Transports: l’option voiture partagée est pratique et facile à réserver depuis les guesthouses, d’un point d’intérêt à un autre, en moyenne 10 € le trajet. Possibilité depuis/vers l’aéroport de Medan.

Medan

Bukit Lawang & Parc national Gunung Leuser

Berastagi & volcan Sinabung