Etape 24: Italie – Vénétie

Escapades au lac de Garde et à Venise

Lac de Garde

Poursuite du périple européen, en train « transalpin », du Tyrol vers la Vénétie, région du nord-est italien. Le « tortillard » sillonne à travers les vallées, offrant des panoramas magnifiques sur les montagnes. Changement à Vérone, pour Peschiera del Garda, au sud-est du lac de Garde. La sympathique auberge de jeunesse « Meet Hostel« , la seule du lac, sera mon camp de base pour découvrir le coin, du 8 au 11 août. En 4h de train, changement d’ambiance, me voilà dans le flot d’une station balnéaire familiale. Malgré la pandémie, je suis étonnée du nombre de touristes, principalement italiens, mais aussi allemands. Dans ma chambre, je fais la rencontre de 2 allemandes, Clara et Lisa. Je sympathise avec cette dernière, qui m’épate de voyager seule en fauteuil roulant, avec sa propre voiture, chapeau!

Pour découvrir les environs, le vélo est une bonne option (10€ la journée à l’hostel). Il ne faut cependant pas craindre la chaleur, plus de 30°C toute la journée. Quel itinéraire choisir? Le lac est immense: plus de 50kms de long, pour 17 kms dans sa plus grande largeur. Le tour complet fait environ 150kms! L’auberge me recommande un circuit de 35 kms, pour découvrir la partie sud. C’est parti! Je remonte la rive sud-est du lac, bordée de campings bondés et de parc d’attractions en tous genres. Je passe rapidement ma route, longe les champs d’oliviers et de vignes. Je zappe l’option visites de vignobles, sans quoi la balade ne va pas durer longtemps! Je goûterai le vin local pour l’apéro dans la soirée, plutôt pas mal. Pause au village de Lazise, visite de la petite cité médiévale, pique-nique dans le jardin du château. J’embarque avec le vélo sur un « vaporetto », un bateau-bus, qui rallie les différents villages du lac. 3/4h d’heure de traversée, profitant de la vue sur ce lac impressionnant: et oui, on ne voit pas toujours les rives opposées! Je débarque à Simione, charmant village, situé sur une péninsule au sud du lac. Forcément le site est touristique, surtout en cette période estivale. La plupart est concentré à l’extrémité de la péninsule, sur Jamaïca beach. L’eau est transparente, la vue superbe, mais la densité de population, un verre à la main, mêlée au son de la techno (j’ai pas compris pourquoi ce nom de plage?) me fait rapidement fuir. Je me balade plus tranquillement dans la jolie cité médiévale et ses jardins, avant de reprendre la route pour Peschiera. Baignade dans le lac en fin d’après-midi, à contre-courant des familles italiennes qui y passent leur journée, avant de dîner dans la vieille ville. A noter que les plages ne sont pas idylliques, et se cantonnent à des criques de galets. Beaucoup se posent sur les remblais, envahis de transats et serviettes. En pleine pandémie, j’hallucine… Perso, la meilleure option est de trouver un coin d’herbe excentré.

Pour explorer la partie nord-est du lac, plus éloignée, option bus. Je pars pour une balade sur le Mont Baldo, qui culmine à 2 200m. Pour cela, il faut prendre un premier bus, jusqu’à Garda, puis changement pour Malcesine, et monter en télécabine jusqu’à 1700m, avant de randonner sur les sommets. Je ne verrai que le Mont Baldo depuis les contrebas: plus de 3h30 pour arriver au pied de la télécabine, au lieu de 1h30 initialement prévu (une circulation de fou), et une queue de plus d’1h pour réserver son ticket pour le prochain départ à 15h, donc le plan tombe à l’eau! Finalement, un mal pour un bien, vu la concentration de touristes. Je pensais prendre les petites télécabines classiques, c’est en réalité un téléphérique énorme, où je me serai retrouvée agglutinée avec plus de 50 personnes pendant 45 minutes de montée: pas du tout « covid friendly »! 😉 Plan B: petite grimpette sur les hauteurs, à travers les champs d’oliviers, pour fuir la foule et me trouver un coin d’herbe tranquille, avec panorama sur le lac, pour pique-niquer et faire une sieste. J’ai finalement gagné au change! Je termine par une balade dans Malcesine, autre charmante cité médiévale, aux airs montagnards, avec ses terrasses ombragées sur les placettes du village, et ses charmantes ruelles. On se retrouve ici dans l’ambiance du Tyrol, trace de l’histoire, puisque la partie nord du lac était encore autrichienne jusqu’en 1919. Retour en bus, qui, heureusement, prendra beaucoup moins de temps qu’à l’aller.

Dernière demi-journée à profiter d’une balade en paddle. Forcément, c’est un super terrain de jeu pour les sports nautiques: du bateau de plaisance, au jet ski, en passant par le wake-board, la planche à voile et le SUP. Y en a pour tous les goûts!

Je n’ai pas exploré la partie nord (Riva) et l’ouest, à flanc de montagnes, plus facilement accessibles en voiture. Conclusion, le lac de Garde, c’est très sympa, mais je recommande hors période estivale.

Venise, la Sérénissime

Poursuite du périple, direction Venise, à moins de 2h de train. Dès la sortie de la gare, je me retrouve dans l’ambiance, au bord du grand canal, artère principale de la ville, face à l’imposante église San Simeon Piccolo. Je monte dans un « vaparetto », pour rejoindre l’auberge de jeunesse Combo Venezia au nord-est, dans le quartier de Cannaregio. L’endroit est magnifique: un ancien monastère du XIIème siècle rénové avec goût. L’atmosphère est paisible, avec sofa sous arcades, tables dans la cour extérieure, petite terrasse en bord de canal. Un bar à disposition, parfait pour se détendre. Ici, pas de dortoir, mais des chambres de 2, dans des appartements partagés, avec 3 chambres, grande cuisine, salon et table à manger. Pour 20€ la nuit, c’est le bon plan, tant pour les backpackers que pour les familles ou bandes d’amis.

Comment organiser sa visite de Venise? Bien sûr, y a les incontournables de la place Saint-Marc, mais le plus grand plaisir de la Sérénissime, c’est de se perdre dans ce labyrinthe géant! Arpenter les ruelles, longer les canaux, se retrouver dans un cul-de-sac, demi-tour pour trouver un pont, prendre le temps d’un café en terrasse à observer la vie locale. Comme pour toutes villes, vous me direz, mais Venise s’y prête particulièrement. Le mode de vie est atypique: les allers-et-venus des gondoles locales pour acheminer toutes sortes de livraisons, les pêcheurs de retour de mer, les anciens à taper la discute avec la traditionnelle discrétion italienne, les gondoliers à attendre le chaland… Peu de touristes en cette période de pandémie, environ 20% du taux de remplissage habituel: difficile pour l’économie locale, mais personnellement, quel bonheur!

Je commence par me perdre dans le Cannaregio, ancien guetto, aujourd’hui tranquille avec ses bars, restos et petits commerces, à l’écart des quartiers touristiques. Plus à l’est, me voilà dans le quartier Castello, où se trouve l’arsenal vénitien, l’hôpital civil et de très beaux monuments comme la basilique Saint Jean et Paul et la Scuola Grande San Marco. Je découvre un librairie unique en son genre, la liberia Acqua Alta, qui expose ses livres dans toutes sortes d’embarcations traditionnelles! A voir en passant dans le quartier. A quelques pas, je me retrouve sur la fameuse place Saint-Marc: impressionnant combiné d’architecture entre le campanile, la basilique, le musée Correr et l’imposant palais des Doges. S’il y a bien une visite à ne pas manquer, c’est ce majestueux palais de style gothique et Renaissance. Je plonge au cœur de l’histoire de la ville, à travers l’ancienne résidence des doges de la République de Venise. La visite se termine par l’immanquable pont des Soupirs. Petit tuyau pour éviter 2h de file d’attente en plein soleil, réserver en ligne un billet coupe-file (pour 2€ de plus, soit 28€), je n’ai attendu que 15 minutes. Poursuite de la balade dans le quartier San Marco, qui concentre de nombreuses églises, musées et boutiques de de luxe: le quartier le plus touristique.

En traversant le grand canal vers le sud, je passe sur le pont de l’Académie, et profite d’un superbe panorama. Arrivée dans le quartier Dorsoduro, plus artistique et bohème. On y trouve, entre autres, le musée Gugenheim. Mon petit coup de coeur ici: le squero de San Trovaso. C’est le plus ancien et célèbre des chantiers de construction des gondoles vénitiennes. On ne peut le visiter, mais on peut l’observer de la rive opposée du canal du même nom.

Pour finir dans le cœur de ville, le plus ancien quartier: San Polo. Sa principale attraction est le marché central, qui date de 1097, et toujours en activité. Pour rentrer vers le Cannaregio, je passe par le pont du Rialto, célèbre pour son architecture particulière, en arcades. Pont historique, le plus ancien de la ville, le seul au XIXème siècle pour passer le grand canal: c’était le centre économique de la Sérénissime pendant des années.

Les îles de la lagune sont également des escapades agréables à la journée. Faciles d’accès avec les nombreux allers-retours des vaporettis, il y a le choix: Burano et ses maisons colorées, Lido et sa plage, Torcello et Murano, sont les principales. Mon choix s’est porté pour une virée sur l’île de Murano, à moins de 20 minutes au nord de Venise. Un grand canal traverse l’île, et invite à la promenade, le long des maisons traditionnelles en pierre. L’ambiance est paisible. La principale attraction de l’île: le verre, mondialement connu. Dès la sortie du vaporetto, on me propose une visite d’ateliers de soufflage de verre. De nombreuses boutiques proposent des créations de toutes sortes, produites sur place. Pour les plus passionnés, il y a même un musée du verre.

J’avoue avoir eu un coup de cœur pour Venise. Difficile de faire le classement du podium des villes italiennes, avec Florence et Rome que j’adore aussi. Je garderai un merveilleux souvenir de cette escapade, privilégiée, sans la cohue habituelle. C’était vraiment le moment parfait pour s’y rendre, pour apprécier la dolce vita!

Etape 23: Autriche – Tyrol

Randonnées autour d’Innsbruck

L’appel de la nature, toujours et encore… je poursuis mon périple en train depuis Nüremberg jusqu’à Innsbruck. Les paysages alpins se dessinent rapidement après Munich, je retrouve les plaisirs des voyages ferroviaires. J’arrive dans la capitale du Tyrol, sous une bonne pluie d’orage, le 3 août. Innsbruck est située au cœur des Alpes, à 600m d’altitude, entourée de sommets qui culminent à plus de 2000m. Superbe camp de base pour randonner quelques jours, et retrouver un peu de fraîcheur en ces temps de canicule estivale. Je pose mon backpack dans un petit bed & breakfast familial, « Nepomuk B&B », au sein de la vieille ville. Il est tenu par une famille depuis plusieurs générations. Les chambres sont au-dessus d’un café-pâtisserie typique autrichien, le plus vieux de la ville, où les locaux se retrouvent pour papoter autour d’un petit plaisir. Un authentique lieu de vie autrichien.

Le premier jour est pluvieux. Je pars donc à la découverte de la ville. C’est une petite ville à la double facette, historique et étudiante. Le centre médiéval, avec ses maisons colorées et ornées de fenêtres à encorbellement, notamment la maison au toit d’or… ses ruelles, ses cafés et ses nombreuses églises lui donne un véritable charme. La visite du musée d’art populaire du Tyrol, le Tiroler Volkskunstmuseum, vaut le détour. Situé dans un ancien couvent, à côté du palais impérial, il abrite une imposante collection d’objets d’art et d’histoire. Outre le chapitre des Habsbourg, l’histoire du Tyrol a été fortement marquée par l’empereur Maximilien Ier. Adjacente au musée, l’Eglise impériale, Hofkirsche, abrite son impressionnant tombeau, entouré de ses gardiens, d’immenses statues de bronze. En traversant la rivière Inn, la balade est agréable, même entre les gouttes. Je découvre le fameux tremplin de saut à ski, site olympique mythique qui surplombe la ville.

Je rencontre des jeunes hollandais au B&B, avec qui je partage de bons moments autour de spécialités locales. Souvenir d’un petit déjeuner au café d’en bas, en compagnie d’un tyrolien adorable, à l’âge bien avancé, ami de la famille hollandaise. Il nous raconte sa vie pendant 1h… La randonnée m’appelle dès le deuxième jour, le temps va se dégager progressivement. Malgré un plan de randonnée sur plusieurs jours, le climat étant incertain, seule, je décide de partir finalement à la journée. En route pour le Patscherkofel, massifs alpins qui surplombe Innsbruck à plus de 2300m d’altitude. Une bonne journée de marche, avec près de 1700m de dénivelé, sur 16 kms, avec des paysages époustouflants! Je me retrouve dans les nuages, avant que le ciel s’éclaircisse et laisse place à un panorama splendide sur la vallée d’Innsbruck.

De retour au B&B le soir, je croise un couple de français, Estelle et Mathieu, en congé sabbatique également. Leur projet de tour du monde est malheureusement compromis pour le moment, initialement pour un départ en avril… Après un confinement dans leur maison dans le Sud, à développer leurs connaissances en permaculture, ils se sont donc décidés pour une aventure de cyclotourisme en Europe, de juin à septembre. Il espèrent bien que les pays asiatiques daignent rouvrir leurs frontières. Je croise les doigts pour eux. Une fois de plus, je me dis que j’ai été chanceuse.

Nouvelle journée de randonnée, plus modérée. Je pars en tramway au pied du Stubai, à 1h environ. Les transports en commun sont extrêmement bien développés ici, c’est le top pour explorer la région. Ce coin offre aussi de magnifiques panoramas sur la vallée et les montagnes environnantes. Halte déjeuner au refuge, avec les « wurts » locales, avant de redescendre tranquillement.

Les activités sportives ne manquent pas dans la région. Après ces randonnées pédestres, je me fais une journée VTT. Les nombreux sentiers de tous niveaux sont un vrai bonheur, de l’ascension extrême à la balade de famille. Je pars avec mon pique-nique dans le sac à dos, en bord de rivière. Je traverse forêts et basse montagne. J’en profite ensuite pour découvrir quelques charmants villages tyroliens: Hall in Tyrol et Warrens, où siège l’empire Swaroski et ses célèbres bijoux. Une bonne sortie de 45kms autour d’Innsbruck.

Cette station alpine, réputée pour ses sports d’hiver, offre donc d’excellentes possibilités d’excursions estivales, tant pour les familles que pour les sportifs avérés, dans un cadre magnifique !

Etape 22: Allemagne – Bavière

Escapade en pays bavarois

25 juillet, arrivée à l’aéroport de Munich, en provenance de Stockholm. Après plus de 8 mois de voyage, c’est l’heure de nouvelles retrouvailles avec mes proches. Je rejoins Charlotte, une de mes meilleures amies, et son fils Simon, mon filleul, pour 9 jours de vacances dans la région. Je suis accueillie chaleureusement chez sa sœur et son beau-frère, dans le village de Feucht, au sud de Nuremberg. Telle une petite vie de famille, nous profitons de bons moments tous ensemble. Nous commençons par fêter çà autour d’un bon barbecue, avec les fameuses saucisses et bières de la région.

Le temps est de la partie, il fait plus de 30°C. Nous allons chercher un peu de fraîcheur au bord des lacs de Bavière. Ce n’est pas le choix qui manque dans la région! Nous partons pique-niquer au lac de Roth (Rothsee). Nous tentons une baignade, qui sera de courte durée… le lac est rempli de plantes aquatiques, qui nous picotent le ventre à chaque brasse. Enfin, le rafraîchissement nous fait du bien! Pour assurer le coup le lendemain, nous descendons plus près des montagnes, au sud-ouest de Munich, au lac d’Ammer (Ammersee). C’est un grand lac de 47m², réputé pour les sports nautiques et les balades en bateau. Nous nous posons sur la plage du village d’Herrsching. La baignade y est beaucoup plus agréable, la température de l’eau autour de 22°C. Je profite de l’occasion pour louer un paddle. Petite balade sur le lac, et initiation pour mon filleul, qui prend très rapidement le coup de main ! 🙂

Nous nous baladons dans le coin les autres jours: découverte du village d’Altdorf, balade au mont Moritzberg, et bien sûr de la ville de Nuremberg. Pas de visite de Munich sur cette étape, ville que je connaissais déjà bien. Nuremberg, 2ème ville de Bavière, avec plus de 500 000 habitants, est un des principaux centres industriels de la région. Mais c’est surtout une ville historique, avec sa cité médiévale et le fameux procès de Nuremberg. Des remparts encerclent le cœur de la vieille ville, qui abrite de nombreuses églises et maisons traditionnelles. Son imposant château du XIème siècle surplombe la cité. Je n’y fais qu’un passage dans les jardins. Malheureusement, les conditions de visite avec le coronavirus limite l’accès lors de mon passage. Je profite donc du panorama depuis un des nombreux biergartens. Je terminerai ma visite, par le mémorial du procès de Nuremberg. La visite de la « salle 600 », où se déroula le premier procès mondial contre les criminels de guerre, énorme avancée du droit international, est glaçante. Mais le mémorial est très intéressant, pour qui veut approfondir ses connaissances sur ce chapitre historique de la fin de la seconde guerre mondiale.

Une étape qui s’achève sur de nouvelles retrouvailles: Yvan, un ami de longue date vivant près de Munich, nous retrouve pour le week-end à Feucht. De bons moments avec les proches, avant de poursuivre mon périple vers l’Autriche!

Etape 21: Suède

10 jours dans le sud de la Suède

  • Stockholm

Première étape suédoise le 15 juillet, découverte de la capitale sur 2 jours. La ville, construite au fil de l’eau, est composée de 14 îles. Je me pose dans le quartier Norrmalm, proche de la gare centrale, et bien situé pour visiter la ville à pied ou à vélo. J’arpente les ruelles de l’île Galam Stan, « la vieille ville ». Le quartier est agréable, petite cité médiévale, aux petites places bordées de terrasses et à l’architecture typique de maisons colorées à pignons. Je passe par l’imposant château royal, où la relève de la garde est encore la tradition. Je longe ensuite les quais des nombreux bateaux-bus, qui rallient les différentes îles. Balade sur l’île de Skeppshomen, petit port de plaisance, parc et petit château en haut d’une colline: panorama sympa sur une partie de la ville. Le lendemain, je fais une excursion en bateau pour découvrir l’archipel de Stockholm, pendant une demie-journée. Sympa pour avoir un aperçu des nombreuses îles et du style de vie.

Partout, des pistes cyclables, moyen de transport habituel des pays nordiques, et des parcs aux quatre coins de la ville, les suédois semblent vivre à un rythme décontracté, en harmonie avec la nature. Ce n’est pas pour rien que Stockholm est appelée la « capitale verte », la plus écologique d’Europe. Les rues sont propres, les jardins sont taillés au cordeau, la vie est calme et semble réglée comme du papier à musique. Un peu trop lisse à mon goût…

  • Malmö

Après 2 jours dans la capitale, direction la pointe sud du pays, à Malmö. Pendant les 8 heures de Flixbus, je traverse plaines et forêts verdoyantes. J’arrive dans la 3ème ville du pays, environ 300 000 habitants, dans la région de Scanie. L’auberge de jeunesse est quasiment vide, avec la pandémie. J’ai donc un dortoir seule, et ne croise que 4 ou 5 suédois de passage dans la cuisine. Malmö est rattaché à Copenhague, par un immense pont. Je n’irai pas ce coup là, le Danemark n’étant pas encore enclin au retour des touristes français. Je découvre la vieille ville de Malmö, qui me rappelle les villes hollandaises. Il fait très beau et chaud, les terrasses et les parcs sont pris d’assaut. Le temps est propice à la baignade, du côté de la ville moderne. A proximité de la « Turning Torso », une grande tour de 190m, un nouveau quartier a vu le jour il y a une dizaine d’années. Une grande promenade borde le détroit de l’Öresund. De nombreux pontons ont été construits, pour le plaisir de la baignade. Plus agréable pour nager que la plage à proximité, où il n’y a pas vraiment de fond. Les pelouses adjacentes sont propices au bain de soleil et au pique-nique.

  • Archipel de Göteborg

En remontant la côte ouest, j’arrive à Göteborg. La ville est très industrielle, avec son port de commerce. Peu de centres d’intérêts dans la ville, mais c’est un bon camp de base pour explorer ses archipels. Avec Lotta, une allemande, et Sammy, un français, rencontrés à l’auberge de jeunesse, nous passons deux jours à randonner sur les îles de l’archipel sud, principalement sur Vrangö et Brannö. Je retrouve comme un air de ma Bretagne ! Il fait beau et frais, le vent souffle, quelques kitesurfs à l’horizon. Ces îles sont typiques de la Suède, avec ses villages de pêcheurs, aux maisons rouges et blanches, et aux formations rocheuses de granit. La vie est paisible ici. Pas de voiture, les habitants se déplacent en bateau, à vélo ou avec des mobylettes typiques avec une sorte de chariot. C’est sympa! Facilement accessible depuis le centre de Göteborg: un coup de tramway vers le port et 20 à 30 minutes de bateau-bus, le tout pour le prix du simple ticket de tram, valable 1h30. C’est le coin que j’ai préféré sur ce périple suédois!

Ces 10 jours m’ont donné un aperçu de la Suède, autour des 3 principales villes du pays et de ses archipels. Le Nord mérite certainement le détour, pour sa nature plus sauvage et ses nombreuses possibilités de randonnées. Peut-être pour une prochaine escapade!

Etape 20: Islande

Road trip de 2 semaines en « Terre de glace »

26 juin 2020, arrivée à Reykjavik après 24h de voyage depuis Bangkok. Thaïlande-Islande, via Amsterdam et Stockholm, un trajet que je n’aurai jamais imaginé en planifiant mon périple ! Adaptation au contexte épidémique oblige, je rêvais d’un road trip « into the wild », donc à défaut de Nouvelle-Zélande, j’ai choisi cette île aux paysages spectaculaires. Et je n’ai pas été déçue!

Après un test Covid à l’aéroport, je reçois le résultat négatif dans la soirée. Je suis libre de récupérer un minivan dès le lendemain. C’est parti pour un road trip de 2 semaines, sur la route circulaire n°1, parcours classique pour une première immersion dans le pays. Me voilà au volant d’un Berlingo aménagé, très bien équipé: un matelas à l’arrière, matériel de base pour cuisiner et un chauffage, non négligeable pour les nuits fraîches. Forcément c’est le choc climatique: une moyenne de 13°C dans la journée, qui descend à 7°C la nuit… enfin, la nuit… le soleil ne se couche quasiment pas à cette période, près du cercle polaire, phénomène très curieux les premiers jours. Je ne sais pas vraiment quand me coucher, puis la fatigue des randonnées m’aide rapidement à trouver mon rythme. Et le masque de rigueur pour bien dormir.

Je décide de commencer vers le sud-est, dans le Cercle d’Or. Dès la sortie de la capitale, je me retrouve dans le parc national de Thingvellir. Première randonnée dans ce site historique, ancien siège du Parlement islandais entre le Xème et le XIIIème siècle, situé sur une vallée de rift: une faille gigantesque, de paysages rocheux, entre les 2 plaques tectoniques américaines et eurasiennes. Premier effet wahou! Qui se poursuivra tout le long de mon périple islandais. Premières cascades, dont Gullfoss, impressionnante succession de 2 immenses cascades, avec un arc-en-ciel magnifique! Poursuite par le geyser le plus actif du pays: Strokkur. Situé près de Geysir, qui a donné son nom au phénomène, ce geyser produit une éruption d’eau bouillante toute les 5 à 10 minutes, qui jaillit entre 20 et 40m ! Belle balade sur la colline adjacente, pour un panorama exceptionnel sur le site. Fin du Cercle d’Or, le lendemain matin, par le lac de cratère Kerid.

Après le Cercle d’Or, je poursuis ma route vers le sud-est. Stop à Seljalandsfoss, magnifique cascade de 65m de hauteur, où l’on peut passer derrière les chutes d’eau: Énorme point de vue! Je passe la nuit au pied du fameux volcan, au nom imprononçable (comme tous les noms islandais!), l’Eyjafjallajökull, qui avait bloqué le trafic aérien en 2010, lors de sa dernière éruption. Vue mystique, dans une brume totale… Personne aux alentours. Avec le Covid et l’ouverture récente des frontières (le 15 juin), il y a très peu de touristes. Je croise principalement des islandais, profitant des merveilles de leur pays, sans l’afflux habituel des touristes estivaux. Comme tous les matins, petite randonnée digestive autour du volcan, qui m’amène à ma première piscine d’eau chaude naturelle, au bord d’une rivière. Quelques kilomètres plus loin, nouvelle cascade, Skogafoss, avec une belle balade le long de la rivière, magnifique site, où une légende raconte qu’un trésor aurait été déposé derrière la cascade par un viking… Les islandais sont les « rois » de la saga et des légendes. Certains croient même aux elfes, qu’ils verraient dans la nature et protègent de toute invasion humaine… J’approche ensuite mon premier point de vue sur un glacier, le Solheimajökull, et les premiers icebergs. Une impression d’un autre monde, où je me sens toute petite face à ces grands espaces.

A la pointe sud-est de l’île, je découvre les premières plages de sable noir, à Kirkjufjara beach, dans la réserve naturelle de Dyrholaey. Belle balade le long de l’Atlantique nord, avec point de vue sur d’impressionnantes arches rocheuses, abritant nombreuses espèces d’oiseaux (les tâches blanches sur les photos). Approvisionnement dans la petite ville de Vik, à quelques kilomètres, avant de remonter la côte est. Je roule plus d’une heure au milieu d’anciens champs de lave, recouverts d’épaisses mousse verte. Stop pour une nuit dans ce paysage lunaire. J’avoue ne pas avoir été au camping une seule fois pour passer la nuit, juste des arrêts pour me doucher, faire ma lessive ou ma vaisselle. L’accès simple aux sanitaires est possible, moyennant 3 euros environ. Souvenir d’une visio avec les enfants de l’association « L’enfant@l’hôpital » au milieu de ce paysage lunaire. Puis balade au canyon de Fjathrargljufur, et à la cascade de Systrafoss. Pour l’anecdote, même sur les sites naturels, ils ont mis en place des panneaux de prévention de distanciation sociale « respecter 2m entre chaque personne »… ça m’a bien fait sourire.

Je remonte ensuite la côte Est, pour arriver au pied du plus grand glacier d’Europe: le Vatnajökull. Partie intégrante du parc national du même nom, je commence par une petite randonnée d’après-midi. Magnifique vue sur les volcans enneigés. Je pars le lendemain à la découverte du glacier, cette fois en groupe avec guide bien sûr. Journée superbe, grand ciel bleu, très peu de vent, nous randonnons quelques heures sur cette immense calotte glaciaire, entre les crevasses. Nous avons la chance de pouvoir découvrir une crevasse de plus près, en rappel. Des panoramas à couper le souffle! Notre guide nous explique la formation de ce glacier, et les phénomènes actuels. Bien sûr, il évoque les conséquences du réchauffement climatique. Il nous montre l’exemple de cette langue glaciaire, qu’il a découvert il y a 18 ans, et qui s’avançait de plus de 2 kilomètres… triste réalité.

Après cette mémorable expédition, je reprends la route sur la côte Est, pour arriver à Diamond beach et le grand lagon d’icebergs Jokulsarlon. Encore un effet wahou!! Je me sens vraiment toute petite face à ces immensités naturelles. Les couleurs, une lumière unique, le silence, la quiétude règne… lorsque j’entends quelques phoques en pleine baignade. Ils sont tranquilles, relax, au milieu des icebergs. C’est juste incroyable ! A quelques centaines de mètres, le lagon rencontre l’océan. Des milliers de fragments de glaces, tels des cristaux, bordent la longue plage de sable noir, d’où le nom de Diamond beach.

Le road trip se poursuit dans les fjords du Nord-Est. Des kilomètres de côte escarpée, sur fond de volcans, et de verdure où cohabitent paisiblement les traditionnels moutons, chevaux islandais et cygnes. Je m’arrête boire un verre dans un village typique, Eskifjörður. La taverne est une ancienne maison de pêcheurs du début du siècle, où l’étage a été laissé en l’état, destiné à la découverte du mode de vie traditionnel. Belle découverte culturelle !

La route n°1 sillonne ensuite dans les terres vers Egilsstadir, où je me balade sur un haut plateau, le long de la cascade de Fardagafoss. L’après-midi, je m’offre le luxe des bains de Vok, grandes piscines flottantes d’eau chaude naturelle, en bord de lac. Cadre idyllique, baignade détente avec vue panoramique sur les volcans, avec un petit verre de blanc. Ils savent profiter ces islandais: un bar directement dans la piscine, le pied ! Je tente la traditionnelle alternance de baignades dans l’eau froide du lac, et la piscine à 40°C, suivies d’une bonne séance de sauna. Quel bonheur! J’ai bien dormi la nuit suivante.

Je traverse ensuite un vaste « no man’s land » d’environ 200 kms dans le nord, entre canyons, immenses fermes et cascades. D’un coup, le paysage devient lunaire. A perte de vue, la route sillonne à travers des pics volcaniques: wahou! Prochaine étape: l’impressionnante cascade de Dettifoss, au plus gros débit d’Europe. Belle balade le long de la rivière, bien emmitouflée dans ma doudoune. Les chutes d’eau sont si fortes, que je me retrouve vite trempée, comme sous une fine pluie. A proximité, une seconde cascade, Selfoss, tout aussi spectaculaire.

Je reprends la route pour une cinquantaine de kilomètres, avant de découvrir le site géothermique Hverir: des sources chaudes, des boues bouillonnantes, des fumerolles. Paysages incroyables, avec une odeur très forte de souffre (pour ne pas dire d’œufs pourris!), comme sur tous volcans en activité. A 10 kms, je fais étape au bord du lac Myvatn. Balade sympa dans la réserve naturelle, avant de continuer vers les fjords du Nord.

Etape près d’une nouvelle cascade: Godafoss. Passage à Akureyri, la deuxième ville du pays avec moins de 20 000 habitants, au pied du fjord d’Eyjafjörður. Je découvre le village de Hauganes. Je fais la rencontre d’une pêcheuse, qui me montre ces poissons à sécher, dont une tête de requin, récemment pêché! Ils les consommeront dans plusieurs mois, après fermentation. A côté du petit port, une plage où sont installés des jacuzzis à ciel ouvert. Ici, pas de personnel, ni de barrières à l’entrée. Simple boîte où l’on dépose l’équivalent de 5 €: principe d »honesty box », révélateur de la mentalité locale. Température extérieure 9°C, baignade rapide dans la mer du Groenland à 6°C, avant de me relaxer dans ces « hot pots » à 40°C, au cœur de ce magnifique fjord. Moment magique!

Je parcours ensuite la péninsule de Vatnes, réputée pour l’observation de phoques et pour ces belles randonnées en bord de mer. Premier arrêt à Hvitserkur, panorama sur les longues plages et sur une arche rocheuse abritant nombres d’espèces d’oiseaux: sternes arctiques, mouettes tridactyles, huîtriers pies. J’ai vite compris pourquoi les locaux se baladaient un bâton à la main. Certaines sternes arctiques n’apprécient pas vraiment notre visite, et s’amusent à voler au ras de la tête. Pas très agréable, j’en ai avoiné plus d’une! 😉 Deuxième arrêt à Illusgastadir, à la rencontre des phoques, qui reposent paisiblement sur des îlots au large de la côte. J’adore!

La route circulaire m’amène vers l’Ouest. Je n’irai pas cette fois dans les fjords du Nord-Ouest, faute de temps suffisant. Un bon prétexte pour une prochaine escapade… Etape à Budardalur, une ancienne maison de viking, où serait né le fils d’Erik le Rouge. Une guide en costume traditionnel explique, au coin du feu, le mode de vie et les traditions de l’époque des vikings. Je plonge en pleine saga islandaise. Nouvelle découverte d’une piscine au milieu de nulle part, lors d’une randonnée dans la vallée. Je ne me baignerai pas ce coup-ci, il se met à pleuvoir sous 8°C, je vais éviter de tomber malade. Je traverse ensuite une piste sur une cinquantaine de kilomètres. Un renard polaire traverse à toute allure la route. Quelle chance! Il est très difficile à observer, car il se fond dans la nature, avec son pelage marron en été, blanc en hiver. Je fais étape pour la nuit en surplomb de la mer, orientée plein ouest, pour observer le fameux « soleil de minuit ». A cette période, près du cercle polaire, la nuit ne tombe pas. Le soleil flotte sur l’horizon entre minuit et 2 heures du matin, c’est extraordinaire !

Avant-dernière étape de 2 jours dans la péninsule de Snaefellnes, à l’extrême ouest. Un plein d’essence dans la ville portuaire de Stykkisholmur, pour finir la route sereinement. Je longe la côte, entre d’immenses montagnes, dont le spectaculaire mont Kirkjufell. Je fais 2 randonnées sympa dans le parc national. Un bon bol d’air! Le vent souffle à l’Ouest. Etape près du village d’Arnastapa, au pied de l’immense volcan Snaefellsjökull, qui a inspiré Jules Verne dans son livre « Voyage au centre de la Terre ». Quand on voit ces paysages lunaires, on se croit réellement au cœur de la planète Terre. En poursuivant la route vers la capitale, la péninsule est un champ de lave, recouverte de cette fameuse mousse verte. Je m’arrête à Budir, un ancien village avec sa charmante église traditionnelle. Avant de revenir à proximité de la capitale, dernière baignade dans une source d’eau chaude naturelle, à Landbrotalaug. Je croise seulement un couple, qui repart du site, et me retrouve seule à profiter des lieux, en plein milieu du champ de lave. Wahou!

Il me reste une bonne centaine de kilomètres, pour boucler la boucle. Je passe ma dernière nuit en minivan, au pied du volcan Elja, dans la péninsule face à Reykjavik. Randonnée le lendemain matin, où je me retrouve au milieu des trailers en plein entraînement, dans la brume, sous un bon crachin (qui me rappelle ma chère Bretagne!). Je n’avais pas vraiment fait gaffe, mais cette randonnée est plutôt costaude, avec un bon dénivelé de +/- 760m sur 7 kms. Je fais la descente en courant, suivant les trailers, en veillant à ne pas me casser la gueule. C’est hyper glissant, je termine trempée jusqu’aux os. Mon téléphone accuse le coup, et passe la nuit dans une bonne dose de riz, avant de « ressusciter ». Je finis ma journée dans une des piscines de la capitale, à me relaxer dans les jacuzzis extérieurs.

Après 2 semaines de road trip, et plus de 2 400 kms parcourus, je rends le minivan le 11 juillet à Reykjavik. Je prends le temps de recharger les batteries et gérer la logistique, pendant 3 jours, dans l’auberge de jeunesse de la capitale. Je fais une petite balade sur la petite île de Videy, en face de la ville. Le temps n’est pas de la partie ces derniers jours, l’occasion d’aller au musée Perlan, sur les merveilles de la nature. Je visite la partie Planétarium, avec une projection enrichissante sur le phénomène des aurores boréales. Y a plus qu’à revenir en hiver, pour pouvoir les observer ! Dernier jour, je me promène dans la capitale, à l’atmosphère villageoise, avec seulement 130 000 habitants. Je passe l’après-midi chez Maria, qui était confinée également à Koh Phi Phi: très sympa ces retrouvailles en Islande, à se remémorer nos bons souvenirs au paradis !

Un périple de 20 jours exceptionnel ! Trip 100% nature à l’état pur, aux paysages uniques et variés.

Etape 19: Thaïlande – Ko Samui, Ko Phangan

Déconfinement progressif sur les îles du Golfe de Thaïlande

9 Juin 2020: Après plus de 2 mois et demi sur Ko Phi Phi, j’ai donc quitté mon coin de paradis. Une liaison quotidienne vers le continent, Krabi, a enfin redémarré la veille. Un jour qui restera gravé dans ma mémoire: fin de quarantaine pour mon entrée dans la quarantaine! 🙂 Je suis accompagnée de Savi et Nicolas. Nous louons 2 chambres dans une villa à Ao Nang Beach, à quelques kilomètres de Krabi. Le déconfinement démarre juste en Thaïlande, les déplacements restent limités, et de nombreux commerces restent encore fermés. Nous sommes donc seuls dans cette magnifique villa avec piscine, ce qui nous permet de profiter pleinement des lieux, à prix attractif. Retour à la civilisation, nous filons faire des courses dans un « vrai » supermarché, avec du choix (Makro / Tesco), pour se faire plaisir pour cette soirée d’anniversaire! Enfin du vin, du fromage et de la charcuterie, trop happy après 3 mois de pad thaï (même si j’adore çà!). Que de surprises pour cette journée, entre multiples vidéos de mes proches, messages, chanson en apéro virtuel avec mes meilleurs amis, et gâteau de Savi et Nicolas : que du bonheur!

Après 4 jours sur place, nous décidons de partir sur Ko Samui, dans le Golfe de Thaïlande. Les transports publics n’ont pas encore redémarré. C’est donc en minivan privé que nous rallions le port de Donsak, près de Surat Thani, puis embarquons sur le ferry direction Samui. Aucun touriste étranger à bord, distanciation sociale de rigueur avec un siège sur deux interdit, port du masque obligatoire, comme pour tout déplacement. Pas si dérangeant, cela fait tellement de bien de pouvoir à nouveau se déplacer librement! Nous nous posons une semaine dans un cottage très agréable, à 2 pas de la plage de Bophut, au nord de l’île. Samui est la 2ème plus grande île du pays (après Phuket). Pendant le lockdown, environ 10 000 touristes sont restés ici, aucune comparaison avec les 250 étrangers sur Phi Phi! Sachant que de nombreux expatriés ont élu domicile ici, gérant restaurants ou guesthouses, je retrouve ainsi la civilisation. Robinson sort de son île… La vie reprend progressivement. Je rencontre Alizée et Nicolas, un couple de français, également en tour du monde, démarré début mars… et sympathise avec « O », employée thaï du cottage, super sympa! Elle nous organise des soirées barbecue, au bord de la piscine: ambiance très cool. De nouvelles rencontres, de nouvelles balades, cela fait du bien de redémarrer le périple! De passage 2 jours en 2007 sur l’île, je n’ai que peu de souvenirs. J’explore donc à vélo et en minibus collectif, Samui: entre plages, forêts, cascades, temples et petites terrasses paradisiaques en bord de mer.

Sur les 3 îles du Golfe, je connaissais déjà Ko Tao, petite île proche de la vie de Phi Phi, connue pour ses spots de plongée. Je décide donc de finir mon périple par Ko Phangan, à 20 minutes de speed boat. Initialement réputée pour ses « full moon party », je découvre un autre visage de Phangan, plus authentique. Les rassemblements sont encore interdits dans le pays, pas de soirées possibles. Le couvre-feu instauré mi-mars a été assoupli début juin, mais reste de rigueur de 23h à 4h. Ainsi, la vie est encore paisible, les touristes sont mixtes: à la fois familles et routards. L’ambiance est très « chill ». Je profite de ces 3 derniers jours sur les îles thaïlandaises, dans un bungalow sur la lagune d’Ao Nai Wok, près du port de Thong Sala.

Mardi 23 juin, je prend la direction de Bangkok: 2h de ferry jusqu’au continent, 1h30 de minibus jusqu’à l’aéroport de Surat Thani, où j’embarque pour 1h de vol direction l’aéroport de Don Muang. Je me retrouve pour les 2 derniers jours de mon « épopée » thaïlandaise, au Yard Hostel, mon point de départ mi-mars. Retrouvailles avec la « Yard family »! L’hostel est resté ouvert pendant le confinement, avec seulement 4 étrangers: 3 brésiliens et 1 américain, tous expatriés en ONG dans les pays limitrophes, venus se « réfugier » dans un pays « safe ». Les temps sont rudes pour l’équipe, avec la fermeture des frontières… Ils ont la bonne idée de proposer leur superbe jardin avec bar, pour organiser des soirées. Depuis mi-juin, les rassemblements jusqu’à 20 personnes sont à nouveau autorisés, et le couvre-feu a été levé. Il y a donc un peu d’animation pour mes 2 dernières soirées: un barbecue anniversaire d’expatriés, et une soirée cinéma de plein air (un film coréen en thaï, on s’adapte…!). Dernières balades dans ma capitale préférée d’Asie du Sud-Est. L’ambiance est particulière avec les gestes barrières, d’autant qu’ils savent mettre les moyens et sont d’une discipline exemplaire. Le résultat est là: la Thaïlande sera le 2ème pays sur le podium de la gestion de crise. Un grand merci à mon pays hôte!

Jeudi 25 juin, je quitte le pays, après 3 mois et demi en Thaïlande. Les frontières sont encore fermées, de nombreux vols annulés. Mais j’ai ciblé mon vol, avec KLM, qui assure une liaison quotidienne avec Amsterdam. Une grande émotion m’envahit à l’aéroport… tant de souvenirs inoubliables, en plein confinement historique… je connais maintenant mon pays d’adoption. 🙂

Direction l’Islande! Improbable sur le papier… je m’adapte au contexte mondial. J’avais prévu de poursuivre en Australie, Nouvelle-Zélande, Nouvelle-Calédonie, puis Amérique latine. Mais toutes les frontières restent fermées durant cet été, l’Asie comme l’Océanie, peu touchés par la pandémie, se préservent, tandis que l’Amérique devient le nouvel épicentre. Mon périple se poursuivra donc en Europe jusqu’en septembre.

Etape 18: Thaïlande – Inside Koh Phi Phi 2

2 mois et demi de confinement, un voyage inédit

Fin avril, les autorités ont finalement reconduit l’état d’urgence et les mesures restrictives associées, jusqu’au 31 mai minimum. La vie poursuit son cours, au rythme des marées et du soleil. La saison des pluies a commencé. Le temps est donc fluctuant, entre grand soleil et forts orages avec pluies diluviennes pendant 2h. Cela n’empêche pas de continuer à profiter de la mer, quasiment tous les jours! Je ne me lasse pas de ces panoramas paradisiaques.

Nous ne sommes plus qu’une dizaine de touristes dans les bungalows environnants. Maintenant, c’est comme une petite « communauté », composée d’italiens, d’islandais, anglais, français et bulgares. J’ai sympathisé aussi avec quelques locaux. On « tape la discute » avec Anan et Pong du staff, ou encore avec les vendeurs dans les supérettes du village. Il y a aussi Huan, la masseuse, qui me propose de temps en temps un massage sur la plage… J’ai comme l’impression de vivre ici. Pour une immersion dans la vie locale, c’est réussi! Une expérience unique.

Chacun a sa routine, mais nous nous croisons tous les jours à la plage. La vie est douce. Je continue à aller nager et faire du snorkeling, souvent avec Elisa ou Rémi. Avec Camilla, la petite italienne de 5 ans, je me retrouve en mode « tata Caro », à ramasser des coquillages, pour faire des colliers, et à jouer sur la plage. Avec Savi, Nicolas et Jack, nous nous retrouvons certains soirs, à jouer au Uno et boire quelques bières. Tous ensemble, nous organisons de temps en temps une balade en bateau dans les environs.

En 2,5 mois, j’ai eu le temps d’explorer le coin, entre les boats trips, le kayak et les balades à travers l’île.

Explorons l’archipel des îles Phi Phi:

  • Phi Phi Don

Île principale de l’archipel de Phi Phi, la seule île à être habitée, environ 2500 habitants. Elle s’étire sur plus de 7kms en longueur et 4kms de largeur. Sa beauté réside dans ses eaux turquoises, mais aussi de ses formations karstiques, recouvertes d’une épaisse forêt tropicale. Ici, la vie se passe surtout autour du village de Tonsai et sur ses nombreuses plages paradisiaques.

Le village de Tonsai:

La « porte d’entrée » de l’île, le port de Tonsai et son village composé de quelques ruelles, en bord de plages. Pas de route, pas de voiture, ici, on se déplace à pied, à vélo, en scooter, ou en « long tail ». Le village n’a aucun charme, rien que l’enseigne « Burger King », qui cache celle de « Mc Do », en dit long sur le tourisme de masse habituel. Dans les ruelles s’entassent échoppes locales, guesthouses et hôtels peu attractifs. La vie locale reprend doucement. La plupart des hôtels est encore fermé, mais de plus en plus de boutiques et restaurants (en take away) rouvrent.

La solidarité s’est renforcée pendant cette crise. Les thaïlandais sont réputés de nature hospitalière, je le confirme. Ils sont contents de la présence des quelques touristes restants sur l’île. Ce qui n’a pas été le cas partout: de nombreux pays ont refoulé les étrangers dès la fermeture des frontières. A Phi Phi, ils sont aux petits soins. A l’instar d’une initiative locale, soutenue par le ministère du Tourisme: 3 restaurants se sont relayés pendant une semaine début mai, pour nous offrir un brunch et un dîner à emporter. Adorables!

View points:

Pour profiter d’un panorama splendide sur l’île, plusieurs balades mènent à 3 « view points ». Le principal chemin part du village, pour arpenter des centaines de marches, et arriver au « view point 1 ». Un joli petit parc arboré permet de faire une halte, et d’admirer un premier point de vue. En poursuivant la balade, un chemin mène 400m plus haut au « view point 2 », pour un panorama époustouflant. Prévoir de l’eau pour cette petite grimpette, car il fait chaud et humide. Une autre possibilité: le trail vers « view point 3 », qui grimpe au point culminant de l’île, à travers la forêt tropicale, et possibilité de revenir sur Long Beach par l’intérieur des terres. Outre les vues, ces balades traversent une faune et une flore riche. Et pour la petite histoire, ces « view points » sont les points de regroupements en cas d’alerte tsunamis. Oui, l’île a été touchée, comme de nombreuses autres en Asie, par le terrible tsunami de décembre 2004. Maintenant, des systèmes d’alerte sont en place et des panneaux indiquent les parcours d’évacuation vers le cœur de l’île.

Monkey Beach:

Plage prisée par les touristes en boats trips (pas d’accès à pied), habituellement les singes sont la principale attraction de cette plage. Lors de mes différents passages en avril et mai 2020, nous étions seuls au monde, même plus de singes! Et oui, ils se rapprochent des habitations depuis que les touristes ont désertés, pour trouver de la nourriture. Je confirme: ils passent de temps en temps autour de nos bungalows (ne pas laisser de nourriture sur sa terrasse, ils ne se privent pas de tout manger!). Je les ai croisés dans la rue au village, où ils ont tenté de me voler mon dîner. Encore plus agréable sans les singes, « Monkey Beach », un vrai paysage de carte postale!

Laem Thong Bay:

Longue baie, excentrée au nord-est de l’île, accessible uniquement en « long tail »: quelques bungalows bordent cette plage bordée de cocotiers, aucun touriste, c’est un village de pêcheurs. Les poissons sèchent au soleil sur le bord de l’eau. Les enfants jouent sur la plage, viennent à notre rencontre, heureux de voir de nouveaux visages. Baignades, partie de foot, et grands sourires! Pas d’école depuis mi-mars, et jusqu’à début juillet minimum. Cela n’a pas l’air de les perturber…

Loh Lana Bay:

Au nord-ouest de l’île, une petite plage paradisiaque aux eaux turquoises et poissonneuses pour une bonne session snorkeling, entourée de formations karstiques.

Long Beach & Viking Beach:

Au sud de l’île, à 1,5 kms du village, une plage d’un kilomètre, juste après Viking beach, la petite plage de mon bungalow. Tous les hôtels, restaurants et supérettes le long de Long Beach, sont fermés depuis fin mars. Une plage paisible avec une vue magnifique sur Phi Phi Ley, où le principal intérêt se situe autour de « Shark Point »: un des meilleurs spots de snorkeling, un gros rocher à 200m de la plage, pour observer les requins à pointe noire. Une bonne sortie depuis ma plage de Viking, environ 2 kms aller-retour à la nage, avec de superbes fonds marins.